Depuis peu, des médicaments contre le diabète sont utilisés pour traiter l’obésité : les analogues du GLP-1. Comment fonctionnent-ils et qui peut en bénéficier en France ? Décryptage.
Obésité : quels sont les traitements actuels ?
Avant l'arrivée récente des nouveaux traitements, la prise en charge de l'obésité reposait essentiellement sur des mesures non médicamenteuses. Cette prise en charge reste d'actualité.
Un premier niveau de prise repose sur un accompagnement nutritionnel personnalisé avec un diététicien, associé à une activité physique régulière adaptée. Un suivi psychologique peut aussi être proposé pour identifier et traiter les troubles du comportement alimentaire, gérer le stress ou travailler sur l'estime de soi. Cette prise en charge pluridisciplinaire doit être menée sur au moins deux ans pour obtenir des résultats durables.
Lorsque ces mesures ne suffisent pas, un traitement médicamenteux peut être envisagé. Jusqu'à récemment, seul l'Orlistat était disponible en France. Ce médicament bloque l'absorption d'environ un tiers des graisses alimentaires au niveau digestif. Son efficacité reste relative, d’autant plus qu’il provoque souvent des effets secondaires digestifs.
En cas d'obésité sévère (IMC supérieur à 40, ou supérieur à 35), la chirurgie bariatrique peut enfin être proposée. Cette intervention permet des pertes de poids importantes et reste actuellement le traitement le plus efficace.
Analopgues du GLP-1 : quels sont ces nouveaux médicaments anti-obésité ?
Une nouvelle classe de médicaments est aujourd'hui en train de transformer la prise en charge de l'obésité : les analogues du GLP-1. Ces molécules imitent une hormone naturellement produite par l'intestin qui régule l'appétit et la glycémie.
Deux médicaments majeurs sont désormais disponibles en France : le Wegovy® (sémaglutide) depuis octobre 2024 et le Mounjaro® (tirzépatide) depuis novembre 2024. Mais attention, ils ne doivent pas être confondus avec l'Ozempic® qui contient également du sémaglutide mais à des dosages plus faibles : ce médicament est initialement et exclusivement destiné au traitement du diabète de type 2 et non à la perte de poids, en raison de son dosage plus faible en sémaglutide. Sa fonction est d’améliorer la sécrétion d’insuline et le contrôle de la glycémie, notamment. Avec l’Ozempic, la perte de poids est en réalité un effet secondaire.
De son côté, le Wegovy® mime l'action du GLP-1. Il s'administre par injection sous-cutanée hebdomadaire. Le Mounjaro® associe l'action de deux hormones : le GLP-1 et le GIP. Il s'administre également par une injection une fois par semaine.
Ces médicaments agissent de plusieurs façons :
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Ils stimulent la sécrétion d'insuline en réponse au glucose.
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Ils font durer la sensation de satiété plus longtemps.
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Ils réduisent l'appétit.
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Et diminuent l'envie de consommer des aliments gras et sucrés.
Nouveaux médicaments anti-obésité : des effets secondaires à prendre en compte
Comme tout traitement, ces nouveaux médicaments peuvent provoquer des effets indésirables. Les troubles digestifs sont les plus fréquents : nausées, vomissements, diarrhées, constipation, douleurs abdominales. Ces symptômes apparaissent surtout en début de traitement ou lors de l'augmentation des doses. Ils s'atténuent généralement avec le temps mais peuvent persister dans certains cas.
D'autres effets secondaires ont été rapportés : fatigue, maux de tête, vertiges, hypoglycémie (surtout chez les diabétiques) et altération du goût. En raison de leur action sur la satiété, ces médicaments augmentent le risque d'aspiration pulmonaire lors d'une anesthésie générale. Il est impératif de signaler que vous prenez ce traitement avant toute intervention chirurgicale.
Enfin, à l'arrêt du traitement, il est fréquent qu’une partie du poids perdu puisse être reprise si les mesures hygiéno-diététiques ne sont pas maintenues.
Des médicaments efficaces à condition d’être encadrés
S’ils sont efficaces, ces nouveaux traitements ne représentent pas une solution miracle pour autant. Leur utilisation doit faire l’objet d’une surveillance médicale stricte.
En octobre 2024, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a décidé de restreindre les conditions de prescription en France :
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La première prescription doit être réalisée par votre endocrinologue ou par un médecin titulaire de la formation spécialisée transversale « nutrition appliquée ». Les renouvellements peuvent être réalisés par les médecins généralistes.
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Ces médicaments ne doivent jamais être obtenus en dehors du circuit médical officiel. En effet, des filières dites parallèles sévissent déjà. Ces produits contrefaits présentent des dangers graves pour votre santé.
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L'accompagnement diététique et psychologique (déjà requis pour la prise en charge de l’obésité) reste indispensable, même sous traitement médicamenteux.
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Les habitudes alimentaires doivent être modifiées sur le long terme, et l’activité physique doit être augmentée pour que la perte de poids se maintienne. Sans ces changements, la reprise de poids à l'arrêt du traitement est quasi certaine.
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Un suivi médical régulier permet d'ajuster les doses, de surveiller l'apparition d'effets secondaires et d'évaluer l'efficacité du traitement : si vous ne perdez pas au moins 5 % de votre poids initial après 6 mois de traitement, celui-ci doit être réévalué.
Nouveaux traitements anti-obésité : quelles sont les conditions pour en bénéficier ?
Le Wegovy est recommandé en seconde intention, uniquement chez l'adulte ayant un indice de masse corporelle (IMC) initial supérieur ou égal à 35 kg/m² et âgé de moins de 65 ans, et si la prise en charge nutritionnelle n’a pas fonctionné (moins de 5 % de perte de poids après 6 mois). Le traitement doit rester associé à un régime hypocalorique et à une activité physique.
A noter que la Haute autorité de santé (HAS) a donné son autorisation pour une future prise en charge de ces médicaments par l’Assurance maladie. En attendant, ils ne sont pas remboursés et leur coût reste entièrement à la charge du patient pour l’instant.
La chirurgie bariatrique reste le traitement de dernier recours. Elle est proposée lorsque les autres approches ont échoué et en cas d'obésité très sévère. Elle constitue actuellement le traitement le plus efficace contre l'obésité. Toutefois, ces nouveaux médicaments ouvrent de nouvelles perspectives pour de nombreux patients, à condition d'être utilisés dans un cadre médical approprié et avec un accompagnement adapté.
Sources & références :
- https://www.ameli.fr/seine-et-marne/assure/sante/themes/surpoids-obesite-adulte/traitement-medicamenteux-chirurgical#:~:text=Les%20nouveaux%20analogues%20du%20GLP,sans%20remboursement%20depuis%20plusieurs%20ann%C3%A9es
- https://ansm.sante.fr/actualites/surveillance-des-aglp-1-lansm-confirme-le-rapport-benefice-risque-favorable-lorsque-ces-medicaments-sont-utilises-conformement-aux-recommandations
- https://www.ouest-france.fr/sante/video-ozempic-wegovy-mounjaro-que-valent-vraiment-les-medicaments-anti-obesite-4e619342-ef39-4f9a-8eec-7861f32535e