Contre le cancer colorectal, les dernières découvertes et avancées de la recherche médicale

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Le cancer colorectal est l’un des plus fréquents en France. Pour tenter de mieux le traiter mais aussi d’améliorer la prévention, la recherche médicale progresse. Etat des lieux.

 

Cancer colorectal : de quoi s’agit-il ?

Le cancer colorectal est l’un des cancers les plus fréquents : 3e cancer le plus courant chez l’homme et le 2e chez la femme. L’appellation de cancer colorectal regroupe le cancer du côlon et le cancer du rectum. C’est logique : le rectum forme la dernière partie du tube digestif et fait suite au côlon.

Dans la majorité des cas, c’est à partir d’un polype au colon ou au rectum que des cellules peuvent devenir cancéreuses. Ce polype est une tumeur bénigne qui présente un risque d’évolution cancéreuse après 5 à 10 ans.

Les premières années, le cancer colorectal reste asymptomatique. Lorsque les premiers symptômes apparaissent, comme des troubles inhabituels du transit intestinal, cela signifie alors que la maladie est déjà à un stade avancé. D’où l’importance du dépistage précoce. 

Le cancer colorectal fait à ce titre l’objet en France de campagnes de dépistage organisé, essentielles pour le repérer précocement chez les plus de 50 ans. L’intérêt est immense, car, prise à temps, cette pathologie peut guérir dans 9 cas sur 10. Pourtant, le dépistage de cancer colorectal souffre encore de certains préjugés, qui le freinent !
 
En parallèle, la recherche médicale est active et de nombreuses études sont en cours à travers le monde. Objectif : continuer à mieux comprendre ce cancer pour mieux le prévenir et mieux le soigner, notamment via une prise en charge de plus en plus personnalisée.

 

Prévenir et diagnostiquer le cancer colorectal : le rôle du microbiote intestinal, cible privilégiée de la recherche médicale

L’alimentation joue un rôle important dans le développement du cancer colorectal et les chercheurs se penchent depuis des années sur ce lien. On sait notamment, désormais, qu’il est recommandé de limiter la consommation de viande rouge, de charcuterie et de produits transformés. L’alcool est également à limiter au maximum.

Tout ce que l’on mange a un impact sur notre microbiote intestinal, qui se compose de milliards de micro-organismes (ou « bonnes bactéries ») colonisant nos intestins depuis notre naissance. Or, ces bactéries sont nécessaires à notre santé, qu’elle soit digestive, métabolique ou encore immunitaire.

Le rôle du microbiote intestinal dans l’apparition du cancer colorectal est donc étudié de très près. Une étude réalisée en 2025 par l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) a montré, par exemple, qu’un microbiote fréquemment confronté au fer héminique contenu dans la viande rouge semblait plus enclin à développer des lésions cancéreuses.  

Le rôle entre microbiote intestinal et cancer colorectal ouvre un immense champ de recherche médicale. 

 

Lien entre activité physique et cancer colorectal : que dit la recherche ?

De l’autre côté de l’Atlantique, une équipe scientifique de la Société canadienne du cancer a finalisé en 2025 une recherche au long cours autour de l’impact de l’activité physique sur le cancer du côlon et du rectum. Pendant 17 ans, ces chercheurs ont suivi un panel de 889 patients ayant subi une chirurgie ou une chimiothérapie pour traiter un cancer colorectal. L’activité physique adaptée était intégrée à leur parcours de soins pendant 3 ans. Chaque patient choisissait son programme d’exercices d’activité physique d’intensité modérée, avec au moins 2,5 heures d’exercices par semaine.

Résultat ? Les chercheurs ont découvert que les risques de récidive et de développement d’un autre cancer diminuaient et que les chances de survie au cancer colorectal augmentaient ! L’activité physique d’intensité modérée et régulière est considérée depuis comme un traitement à part entière et plus seulement comme un moyen d’améliorer la qualité de vie des patients au cours de leur traitement. 

 

L’intelligence artificielle peut-elle aider à détecter le cancer colorectal ?

Améliorer le dépistage du cancer colorectal, c’est l’objectif du projet Microb-AI-ome, porté par le programme national irlandais de dépistage du cancer colorectal et une entreprise technologique irlandaise, et soutenu par l’Union européenne. Ce projet s’appuie sur l’intelligence artificielle (IA), chargée ici d’analyser l’ensemble des données recueillies sur le microbiote intestinal des participants à l’étude, afin de l’entraîner à détecter encore plus précocement un cancer colorectal. Cela permettrait également de réduire le nombre de coloscopies de dépistage, l’examen pouvant ainsi être réalisé en priorité chez des patients ciblés grâce à l’IA. 

Plus concrètement, l’IA analyse des millions de points de données par patient pour identifier un éventuel risque de changements précancéreux ou de cancer colorectal. À terme, le projet Microb-Al-ome vise à développer de nouvelles méthodes de dépistage plus précoces, plus précises et plus efficaces dans toute l’Europe. 

 

Traiter le cancer colorectal : des innovations thérapeutiques prometteuses

Les récents progrès technologiques et robotiques ont fait passer la chirurgie du cancer colorectal dans une nouvelle dimension. Qu’il s’agisse de la tumeur initiale ou des métastases, il est désormais possible de retirer les lésions, tout en préservant les tissus sains environnants.

Une fois la tumeur retirée, chaque portion est minutieusement étudiée. L’analyse plus poussée des bords de la tumeur devrait permettre dans les années à venir de mieux adapter le traitement à chaque patient. Plusieurs études ont démontré en effet que moins les lymphocytes (globules blancs) étaient nombreux sur les bords tumoraux, plus le cancer devrait être traité de manière intensive. 

 

L’espoir des thérapies ciblées

Au chapitre des traitements innovants, les thérapies ciblées dans le cadre du cancer colorectal sont au cœur de nombreuses études. Certaines molécules commencent, par exemple, à être proposées aux patients atteints d’un cancer du côlon métastatique. Des essais cliniques sont également en cours pour tester l’efficacité de thérapies ciblées utilisées pour d’autres cancers dans certains cancers du côlon. Un anticorps monoclonal conjugué, utilisé pour traiter un cancer du sein métastatique, commence ainsi à être expérimenté chez des patients atteints de cancer colorectaux métastatiques avec une anomalie similaire concernant la protéine HER2. Les premiers résultats sont jugés très prometteurs. 

Une autre innovation thérapeutique, menée en France par la Fédération francophone de cancérologie digestive (FFCD), l’institut de recherche Gercor, Unicancer gastrointestinal et un groupe de recherche dédié au cancer du rectum, consiste à ajouter de la chimiothérapie avant une chirurgie du cancer du rectum, et plus seulement après, en association à de la radiothérapie. Ce nouveau protocole thérapeutique montre une amélioration du taux de survie sans réapparition du cancer.

En France, toujours, une autre étude propose d'administrer, en association avec une thérapie ciblée, une chimiothérapie directement dans l’artère hépatique afin de mieux détruire les métastases du cancer colorectal présentes dans le foie. Les résultats sont attendus prochainement.