Parfois encore appelée « fibroscopie », la gastroscopie ou endoscopie œso-gastro-duodénale permet d’explorer le haut de votre tube digestif. Mais comment se déroule cet examen ? Que devez-vous savoir avant de vous rendre à la clinique ?
Quelques rappels sur la fibroscopie digestive haute
La fibroscopie digestive haute, aussi appelée gastroscopie ou endoscopie œso-gastro-duodénale, est un examen qui permet d'explorer l'intérieur de l'œsophage, de l'estomac et du début de l'intestin grêle (le duodénum).
Pour réaliser cette dernière, le médecin introduit par la bouche un tube souple et fin équipé d'une petite caméra : l’endoscope. Il transmet des images en temps réel sur un écran.
L'examen dure généralement entre 5 et 15 minutes. Il est prescrit en présence de nombreuses situations qui nécessitent une exploration :
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Brûlures d'estomac chroniques ;
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Difficultés à avaler ;
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Douleurs abdominales inexpliquées ;
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Suspicion d'ulcère ;
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Surveillance de certaines pathologies.
Fibroscopie, endoscopie, gastroscopie : quelle différence ?
Il peut être difficile de s’y retrouver entre tous ces termes ! Petit glossaire pour mieux comprendre :
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Une endoscopie est le terme générique pour qualifier ce type l’examen exploratoire d’un organe creux, quel qu’il soit, dans lequel il est facile d’introduire un endoscope, le tube fin et souple muni d’une mini-caméra et d’une source lumineuse.
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La fibroscopie est un terme en réalité moins employé que par le passé. Elle devait son nom à l’utilisation de fibres optiques avec de la lumière.
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La gastroscopie est aussi appelée endoscopie oeso-gastro-duodénale : elle sert précisément à explorer l’œsophage (oeso), l’estomac (gastro) et le duodénum (duodénale). Le terme a été simplifié en gastroscopie.
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La coloscopie, elle, est une endoscopie digestive basse permettant d’examiner le côlon, le rectum et la fin de l’intestin grêle, en passant par l’anus et non par la bouche, comme en cas d’endoscopie digestive haute.
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La rectosigmoïdoscopie est une sorte de coloscopie basse, qui se limiter à l’exploration du le rectum, du côlon sigmoïde et de quelques centimètres du côlon descendant. Elle est proposée à la place de la coloscopie quand il n’y a pas besoin d’étudier le gros intestin en entier.
La fibroscopie digestive fait-elle mal ?
Cet examen inquiète souvent les patients. Rassurez-vous, il est indolore. La fibroscopie peut provoquer une gêne passagère, notamment une sensation de nausée ou d’inconfort dans la gorge. Pour limiter cela, une anesthésie est proposée. Vous serez alors détendu, parfois somnolent, et ne garderez que peu de souvenirs de l’examen qui ne dure généralement pas plus de 15 minutes. Dans la grande majorité des cas, tout se déroule simplement et sans douleur.
Quelle anesthésie pour une fibroscopie ?
Deux options sont possibles. Le plus souvent, une anesthésie locale de la gorge à l’aide d’un spray est réalisée. Elle diminue le réflexe nauséeux et permet un examen rapide, chez un patient conscient mais détendu. Dans certains cas, notamment si la personne est très anxieuse, sensible ou si un prélèvement est prévu pendant la fibroscopie, une anesthésie générale légère peut être proposée. Le choix se fait au cas par cas, après échange avec votre gastro-entérologue, pour garantir sécurité et sérénité.
Fibroscopie digestive : pourquoi la préparation est-elle importante ?
Pour que le gastro-entérologue puisse observer correctement les parois digestives, l'estomac doit être vide et propre. En effet, des résidus alimentaires gêneraient la vision et pourraient même rendre l'examen impossible. Une bonne préparation garantit donc des résultats fiables. Par ailleurs, pour des raisons de sécurité, en vue d’une anesthésie, un estomac vide réduit le risque de régurgitation.
Que manger avant l'examen ?
La veille au soir, vous pouvez manger normalement. Privilégiez toutefois un repas léger et facile à digérer : riz, pâtes, légumes cuits ou potage. Évitez les repas trop copieux, trop gras ou trop riches en fibres. En effet, les viandes en sauce, les fritures, les crudités en grande quantité ou les légumineuses (lentilles, pois chiches) ralentissent la digestion.
Le jour J, retenez cette règle d'or : vous devez être strictement à jeun. Cela signifie ne rien manger pendant au moins 6 heures avant la fibroscopie. Si votre examen est prévu le matin, ne prenez pas de petit-déjeuner.
Si l'examen a lieu l'après-midi, votre médecin peut éventuellement vous autoriser un petit-déjeuner très léger et très tôt le matin. Mais cela dépend de l'heure de votre rendez-vous. En cas de doute, demandez confirmation à l'équipe médicale.
Que boire avant l'examen ?
La veille, buvez normalement. L'eau, les tisanes ou encore les bouillons sont tout à fait recommandés. En revanche, évitez l'alcool, qui irrite les muqueuses digestives et peut interférer avec l’anesthésie.
Le jour de l'examen, vous pouvez boire uniquement de l'eau plate en petites quantités jusqu'à 2 heures avant la fibroscopie. Ne consommez pas de jus de fruit, ni de lait ou de café au lait : ces boissons laissent des résidus dans l'estomac. Le café noir ou le thé léger sans sucre sont parfois tolérés jusqu'à 2 heures avant, mais là encore, mieux vaut vérifier auprès de votre médecin. Passé ce délai de 2 heures, ne consommez plus aucun liquide, même pas une gorgée d'eau.
Et les médicaments ?
Certains traitements doivent être poursuivis, d'autres suspendus. C'est un point essentiel à aborder avec votre médecin bien avant le jour de l'examen.
Les anticoagulants et les antiagrégants plaquettaires (comme l'aspirine ou le clopidogrel) nécessitent une attention particulière. Selon le type de fibroscopie prévu (simple observation ou biopsie), le médecin peut demander d'adapter le traitement quelques jours avant.
Si vous prenez des médicaments le matin, votre médecin vous indiquera lesquels prendre et lesquels reporter. Ne prenez jamais l'initiative d'arrêter ou de modifier un traitement sans avis médical.
Le jour de la fibroscopie : les bons réflexes à connaître
Portez des vêtements confortables et faciles à enlever. Retirez vos prothèses dentaires amovibles, vos piercings buccaux et vos bijoux avant l'examen. Pensez à apporter votre carte vitale, votre ordonnance et vos résultats d'analyses récents.
Prévoyez de vous faire raccompagner à votre domicile après l’examen. En effet, après une anesthésie, conduire est interdit pendant 24 heures.
L'appréhension est tout à fait normale. En cas de stress, n'hésitez pas à en parler aux professionnels de santé qui vous recevront. Ils sont habitués et sauront vous rassurer.