Polyarthrite rhumatoïde : causes, symptômes et traitements

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Polyarthrite rhumatoïde
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Maladie inflammatoire chronique, la polyarthrite rhumatoïde est douloureuse et perturbe la vie quotidienne. Si les traitements se sont considérablement développés et peuvent mener à la rémission, le diagnostic précoce reste préférable. Tout comprendre. 

 

Polyarthrite rhumatoïde : qu’est-ce que c’est ?

La polyarthrite rhumatoïde fait partie des maladies auto-immunes, c’est-à-dire liées à un dysfonctionnement du système immunitaire qui vient réagir contre le corps même du patient. Également considérée comme une maladie inflammatoire chronique, elle se manifeste par des douleurs articulaires, sous forme de poussées d’une durée variable. Si elle peut survenir à tout âge et chez les deux sexes, la polyarthrite rhumatoïde touche principalement les femmes (deux à trois plus que les hommes) de 30 à 50 ans. 

 

Une maladie qui touche les articulations

Les articulations sont composées d’os, dont les extrémités sont recouvertes de cartilage, afin de permettre à deux os de glisser l’un sur l’autre. La « capsule », une sorte d’enveloppe, qui entoure l’articulation est tapissée de la membrane synoviale qui sécrète un liquide chargé de lubrifier l’articulation et nourrir le cartilage. 

En cas de polyarthrite rhumatoïde, l’inflammation concerne la membrane synoviale des articulations de la main, des doigts, des poignets ou de l’avant du pied le plus souvent. Leur membrane synoviale s’épaissit et la production de liquide synovial augmente jusqu’à s’accumuler dans l’articulation. Un inflammation se produit dans la membrane synoviale jusqu’à détruire progressivement le cartilage, l’os, les tendons et les ligaments qui l’entourent. 

 

Polyarthrite rhumatoïde : quelle évolution ?

La polyarthrite rhumatoïde évolue par poussées plus ou moins rapprochées, suivies de périodes d’accalmie durant lesquelles les symptômes sont moins intenses voire absents. En l’absence de traitement, la maladie progresse : elle finit par toucher d’autres articulations comme le coude, l’épaule, la hanche, le genou ou encore la colonne vertébrale.

Les articulations atteintes finissent par se déformer, ce qui donne lieu à des complications orthopédiques comme le syndrome du canal carpien (compression du nerf médian au poignet), l’apparition de cors et de durillons qui perturbent la marche et l’ensemble des gestes de la vie quotidienne.  

 

Quelles sont les causes de la polyarthrite rhumatoïde ?

Cette maladie est multifactorielle. Le dérèglement du système immunitaire à l’origine de la polyarthrite rhumatoïde peut s’expliquer par la fabrication d’anticorps dirigés contre certains composants des articulations et qui contribuent à les détruire, ou par une perturbation de certains globules blancs : les lymphocytes, particulièrement impliqués dans la défense immunitaire.

Côté génétique, la recherche a montré que des gènes prédisposants existent, bien qu’ils ne soient pas présents chez tous les patients. Une prédisposition familiale est également possible, mais non systématique. Il est à noter que cette maladie touche davantage les femmes que les hommes, en raison des œstrogènes, les hormones sexuelles féminines qui ont tendance à favoriser la pathologie, en particulier au moment de la ménopause. 

La polyarthrite rhumatoïde survient enfin plus fréquemment chez les fumeurs, chez qui elle s’avère plus difficile à traiter. En outre, certains événements marquants voire traumatisants peuvent provoquer le déclenchement d’une poussée, lorsque la maladie est diagnostiquée : un deuil ou une séparation, par exemple. 

 

Polyarthrite rhumatoïde : quels symptômes ?

Les symptômes se manifestent plus intensément au cours des poussées : les articulations atteintes (au nombre de trois au minimum : au niveau des mains, des doigts et des poignets majoritairement) sont gonflées, rouges et douloureuses, au point de provoquer des réveils nocturnes. Ces douleurs sont ressenties aux mêmes articulations, du côté droit et gauche. Au réveil, une raideur et un engourdissement des articulations sont ressentis. Enfin, à la pression, l’articulation des avant-pieds est également douloureuse.

La polyarthrite rhumatoïde est évoquée lorsque ces symptômes durent depuis au moins six semaines. 

 

Des maladies associées dans de nombreux cas

Les formes sévères de polyarthrite rhumatoïde possèdent souvent des maladies associées : 

  • Des nodules rhumatoïdes sous la peau : sortes de boules fermes et indolores situées au niveau des articulations des doigts ou du coude.
  • L’ostéoporose : une pathologie des os d’autant plus favorisée par un traitement prolongé.
  • Des pathologies vasculaires telles qu’une angine de poitrine, un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral (AVC) : l’inflammation atteint les vaisseaux proches du cœur. 
  • Mais aussi l’inflammation des vaisseaux de la peau, pouvant créer des ulcères.
  • Des pathologies atteignant les poumons et la plèvre.
  • D’autres maladies auto-immunes, comme le diabète ou une pathologie de la thyroïde.

 

Polyarthrite rhumatoïde : l’importance du diagnostic précoce

Prise en charge le plus tôt possible, la polyarthrite rhumatoïde peut être contrôlée et son évolution ralentie. C’est pourquoi, dès l’apparition des premiers symptômes, y compris s’ils ne vous semblent pas douloureux, il est important de consulter votre médecin traitant ou votre rhumatologue. Ce dernier examinera et dénombrera les articulations concernées par l’inflammation, avant de prescrire un certain nombre d’examens nécessaires au diagnostic : 

  • Un bilan sanguin, afin d’analyser votre fonctionnement hépatique, rénal et rechercher des anomalies révélatrices de la maladie.
  • Des radiographies des articulations touchées sont également réalisées, pour évaluer l’évolution de la maladie. 
  • D’autres examens sont parfois nécessaires, en fonction de votre situation : une IRM pour vérifier l’atteinte de la membrane synoviale, une échographie de certaines articulations pour vérifier la présence de lésions des cartilages ou encore une ponction pour analyser le liquide articulaire.

 

Les traitements de la polyarthrite rhumatoïde 

Les traitements ne permettent pas de guérir la polyarthrite rhumatoïde mais de prévenir et soigner les poussées, ainsi que les complications. Ils permettent de contrôler la maladie et d’ainsi offrir aux patients une qualité de vie préservée. Commencé le plus tôt possible et bien suivi, un traitement permet aussi de ralentir l’évolution de la maladie et de la contrôler.

 

Les traitements médicamenteux

Les traitements médicamenteux sont adaptés à chaque patient, en raison des effets secondaires qu’ils peuvent entraîner. Ils reposent sur plusieurs médicaments, aux objectifs complémentaires : 

  • Pour soulager les symptômes, et en l’occurrence les douleurs et les raideurs, des antalgiques et des anti-inflammatoires sont prescrits. Des corticoïdes peuvent également permettre de réduire l’inflammation.
  • En association avec le traitement de fond : un immunosuppresseur par voie orale.
  • Une supplémentation en folates.
  • En cas d’échec du traitement immunosuppresseur initial, une biothérapie à base d’anticorps monoclonal anti TNF (fabriquée à partir de cellules en culture) sous forme d’injections sous-cutanées peut être prescrite.
  • Enfin et en complément de ces traitements, des infiltrations articulaires de corticoïdes et de synoviorthèses (qui visent à détruire la membrane synoviale atteinte) peuvent s’avérer nécessaires pour calmer douleurs et inflammation.

 

Polyarthrite rhumatoïde et chirurgie

Une intervention chirurgicale peut être décidée, en accord avec le patient, au cours de l’évolution de la maladie. En fonction des situations, plusieurs techniques sont possibles : 

  • La synovectomie : une ablation partielle ou totale de la membrane synoviale par arthroscopie, afin d’éviter la destruction de l’articulation et si le traitement médicamenteux est insuffisant.
  • La pose d’une prothèse (arthroplastie) de hanche ou de genou lorsque l’articulation est détruite.
  • La fixation de l’articulation (arthrodèse) par arthroscopie ou chirurgie lorsque la destruction de l’articulation concerne le poignet, la cheville ou l’arrière-pied et que la pose d’une prothèse est donc difficilement réalisable.

 

Les thérapies complémentaires en cas de polyarthrite rhumatoïde 

Le suivi médical est pluridisciplinaire. Il intègre automatiquement votre médecin traitant et votre rhumatologue, un chirurgien orthopédiste en fonction de votre situation, mais aussi un kinésithérapeute ou ergothérapeute, avec lequel des séances peuvent être programmées. 

 

Elles ont pour objectifs : 

  • D’apprendre des méthodes de protection des articulations, en adaptant les gestes et les mouvements.
  • D’aménager l’environnement de façon à améliorer la qualité de vie.
  • De mettre en place des activités physiques adaptées.
  • D’apprendre à utiliser certains appareils tels que des attelles, des chaussures orthopédiques, une canne, etc.

 

La polyarthrite rhumatoïde peut avoir des conséquences lourdes sur le quotidien et rendre certains gestes habituels difficiles. C’est pourquoi la maladie peut avoir des répercussions sérieuses sur votre santé mentale. Si c’est le cas, faites appel à un psychologue qui vous aidera à mieux supporter cette pathologie au quotidien.