Anorexie mentale : causes, traitements, évolution

L’anorexie mentale se caractérise par le refus de s’alimenter pendant une longue période par crainte de prendre du poids. Comment la traiter ? Réponse.
Anorexie mentale : causes, traitements, évolution
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Anorexie mentale : décryptage d’un trouble du comportement alimentaire complexe

 

L'anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire (TCA) qui survient généralement à l’adolescence et concerne le plus souvent les femmes. Comment dépister ce trouble et comment est-il pris en charge de nos jours ? Eléments de réponses.

L’anorexie mentale, c’est quoi ?

Comme la boulimie, l'anorexie mentale fait partie des troubles du comportement alimentaire ou TCA. Ce trouble généralement associé à une maladie psychologique se caractérise par le refus de s’alimenter pendant une longue période par crainte de grossir. Les personnes souffrant d'anorexie mentale ont le sentiment d'être toujours en surpoids et cherche par tous les moyens à perdre du poids.

C’est particulièrement à l’adolescence entre 14 et 17 ans que l’anorexie mentale se déclenche, mais elle peut parfois survenir plus tôt, vers l’âge de 8 ans, ou au contraire plus tard, après l’âge de 18 ans. [1]

Ce trouble affecte plus souvent les femmes que les hommes et concerne toutes les catégories sociales même si certaines personnes seraient plus susceptibles d’en souffrir comme les mannequins, les danseurs et sportifs de haut niveau ou bien encore les personnes présentant une maladie impliquant une surveillance alimentaire comme le diabète ou l’hypercholestérolémie [2].

D’après une étude réalisée en France entre 2000 et 2018, la prévalence de l’anorexie au cours de la vie serait de 1,4% chez les femmes et de 0,2% chez les hommes. C’est donc une maladie relativement rare. Environ deux jeunes filles sur 10 adoptent des conduites de restriction alimentaire à un moment de leur vie, mais seulement une minorité d’entre elles devient anorexiques. [1]

 

Quels sont les symptômes de l’anorexie mentale ?

 

L’anorexie mentale est à différencier de la perte d’appétit que l’on peut rencontrer plus fréquemment. Pour diagnostiquer l’anorexie mentale, le médecin se base sur des critères cliniques très précis issus des classifications internationales des maladies telles que le CIM et le DSM 5.

 

Ces critères font référence au poids d’une part avec un IMC inférieur à 17,5 kg/m2, mais aussi à la façon de s’alimenter avec les restrictions alimentaires ou le refus de s’alimenter par exemple, ainsi qu’à certaines pratiques tels que les vomissements provoqués ou la prise de laxatifs. L’altération de la perception et l’estime de soi font aussi partie des critères observés.

 

En plus, l’absence de périodes menstruelles chez la femme depuis au moins 3 mois est un indicateur important que le médecin peut prendre en compte. D’autres symptômes peuvent aussi être observés chez les personnes souffrant d’anorexie mentale tels que les obsessions alimentaires, l’hyperactivité, un retard de croissance chez l’enfant et l’adolescent notamment.

 

Existe-t-il des facteurs favorisant l’anorexie mentale ?

 

L’anorexie mentale est un trouble d’origine multifactorielle, c’est-à-dire avec plusieurs facteurs. Il existe certains facteurs prédisposant à l’anorexie mentale d’ordre génétiques, psychologiques et environnementaux.

 

On observe ainsi que l’anorexie mentale est plus élevée chez les personnes ayant un proche parent anorexique. Les personnes ayant des troubles mentaux de type anxio-dépressifs ou liés à la personnalité peuvent présenter plus de risques d’anorexie mentale. On observe environ 40% des personnes souffrant d’anorexie qui présentent aussi des troubles psychiatriques.

 

Enfin, certains facteurs biologiques peuvent jouer un rôle sur la régulation de l’appétit et du métabolisme et ainsi influencer les TCA. [1]

 

Les évolutions de la maladie

L’anorexie peut entraîner des complications, pour la plupart liées à la dénutrition, aux carences et anémie et parfois à l’absence de périodes menstruelles chez certaines patientes avec un taux plus élevé d’infertilité. Aussi, il existe un risque d’ostéoporose et de problèmes dentaires sur le long terme.

 

Les traitements et la prise en charge de la maladie

L’anorexie mentale nécessite d’être décelée le plus tôt possible. Les chances de guérison sont encourageantes puisque cinq ans après le début de la maladie, environ deux tiers des patients sont guéris. Pour un très faible nombre de patients toutefois, l’issue est plus sombre avec une mortalité plus élevée à la sortie d’hospitalisation.

Le taux de suicide associé à l’anorexie est aussi le plus important parmi toutes les pathologies psychiatriques.

Selon la sévérité des troubles, la prise en charge peut donc débuter en consultation ou en hospitalisation. Le médecin évaluera la situation en fonction de critères cliniques et biologiques et de l’interrogatoire du patient ou de sa famille. [1]

Il n'existe pas de traitement médicamenteux à proprement parler pour soigner l'anorexie. En revanche, dès que possible, un suivi psychologique adapté peut contribuer à la guérison.

La prise en charge est pluridisciplinaire : psychiatres, diététiciens, médecins généralistes, psychologues et personnels infirmiers en cas d’hospitalisation ont tous un rôle important à jouer. Tous travaillent en collaboration afin d’accompagner le patient à la reprise de l’alimentation et de lui apporter un suivi psychologique approfondi.

Dans certaines situations, une thérapie familiale peut être proposée au patient. L’histoire de la maladie du patient permettra d’orienter le traitement et de proposer les meilleures options de soins. Dans le cadre de l’anorexie mentale, il n’est pas rare que le patient présente des rechutes. En cas de rémission, il est préconisé de poursuivre le suivi pendant au moins un an.

 

 

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