Perdre ses cheveux est un phénomène normal la plupart du temps. En revanche, lorsque la chute devient importante, au point de perdre régulièrement ses cheveux par poignées, il est important d’identifier la cause pour y remédier.
Chute de cheveux : qu'est-ce qui est considéré comme normal ?
Un cheveu ne pousse pas indéfiniment. Il suit un cycle de vie en trois phases qui se répètent tout au long de la vie :
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La phase anagène correspond à sa croissance active. Le follicule pileux fabrique un cheveu qui grandit pendant 3 à 6 ans. Quel que soit le moment, la plupart de nos cheveux se trouvent dans cette phase.
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La phase catagène est une courte phase de transition qui dure environ 3 semaines. Durant cette phase, la croissance du cheveu s'arrête progressivement.
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La phase télogène est la phase de repos (2 à 3 mois) au terme de laquelle le cheveu se détache et tombe naturellement.
Ce cycle se répète environ 25 fois dans une vie. Comme tous les follicules ne sont pas en phase synchronisée, le cuir chevelu renouvelle ses cheveux en permanence, sans que nous nous en rendions compte.
Perdre 50 à 100 cheveux par jour est considéré comme normal. Mais il se peut que vous remarquiez davantage cette perte après un shampooing : jusqu'à 250 cheveux peuvent tomber lors d'un lavage, ce qui s'explique par la chute des cheveux en phase télogène qui n'étaient pas encore tombés.
Quelles sont les causes possibles d’une perte de cheveux anormale ?
Les causes d'une chute anormale de cheveux sont nombreuses et coexistent souvent.
L'alopécie andro-génétique
Plus connue sous le nom de calvitie, l'alopécie andro-génétique est la cause la plus fréquente de chute de cheveux chez l'homme comme chez la femme. Elle résulte d'une sensibilité génétique des follicules pileux aux androgènes, les hormones masculines, dont la testostérone et son dérivé, la DHT (dihydrotestostérone).
Chez l'homme, la DHT raccourcit progressivement la phase anagène et rend les follicules pileux plus petits, jusqu'à ce qu'ils ne produisent plus que des duvets fins, puis plus rien du tout. Si vous êtes concerné, la chute de vos cheveux a probablement débuté au niveau des tempes et au sommet du crâne. Chez la femme, elle est souvent plus diffuse avec un éclaircissement de la raie. Elle est aussi moins prononcée que chez les hommes car les œstrogènes (hormones féminines) limitent naturellement l'action des androgènes. L’alopécie s'accentue souvent à partir de la ménopause.
Les causes hormonales
Les bouleversements hormonaux sont une cause majeure de chute de cheveux, en particulier chez la femme.
En post-partum, la chute survient généralement 2 à 4 mois après l'accouchement. Elle s'explique par la baisse brutale des œstrogènes après la grossesse. Pendant cette dernière, leur taux était a contrario élevé et prolongeait donc la phase anagène du cheveu. Résultat ? Un grand nombre de follicules basculent en phase télogène, ce qui provoque une chute diffuse et qui semble parfois impressionnante. Rassurez-vous si vous êtes concernée : elle se résorbe en 6 à 12 mois en moyenne.
La ménopause est une période où les chutes de cheveux sont fréquentes. Explication : les œstrogènes et la progestérone baissent, ce qui modifie l'équilibre hormonal et rend les androgènes plus actifs. Les follicules pileux deviennent alors plus sensibles à la DHT, ce qui accélère leur diminution, surtout chez les femmes génétiquement prédisposées.
Certaines carences
Le follicule pileux est un tissu à part entière et les cellules qui le composent se renouvellent quasiment en permanence. Cela consomme donc beaucoup d'énergie et de nutriments. Certaines carences vont ainsi favoriser la chute de cheveux, en particulier les carences :
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En fer. C’est la carence la plus fréquemment associée à la chute des cheveux, en particulier si vous êtes une femme avec des règles abondantes ou si votre alimentation s’avère pauvre en fer. Elle peut être diagnostiquée par un dosage de la ferritine.
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En zinc. Cet oligo-élément est indispensable à la synthèse des protéines du cheveu, notamment la kératine.
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En vitamine D. Elle joue un rôle déterminant dans la régulation du cycle du cheveu.
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En vitamine B12. Sa carence entraîne une altération de la synthèse de l'ADN dans les cellules des follicules pileux.
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En acide folique (vitamine B9). Celle-ci est indispensable à la division rapide des cellules.
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En sélénium. Il s’agit d’un oligo-élément antioxydant, dont la carence peut fragiliser le cheveu.
Le stress et l'anxiété
Le stress chronique peut dans certains cas déclencher ou aggraver une chute de cheveux. Ceci est provoqué par une libération de cortisol (l'hormone du stress) qui peut perturber le cycle du cheveu en raccourcissant la phase anagène et en basculant prématurément les follicules en phase télogène. La chute survient alors 2 à 3 mois après l'épisode de stress, ce qui peut rendre difficile d’en déterminer la cause.
Cheveux et anxiété sont également liés dans un trouble appelé trichotillomanie. Il s’agit d’un trouble compulsif dans lequel la personne s'arrache elle-même des touffes de cheveux ou de poils, souvent inconsciemment, en réponse à un stress ou un pic d’anxiété. En faisant cela, la personne ressent généralement un soulagement immédiat mais suivi de honte ou de culpabilité. Ce trouble peut entraîner des zones d'alopécie localisées sur le cuir chevelu. Si vous êtes concerné, consultez un psychothérapeute ou un psychiatre.
Une pathologie
Plusieurs maladies peuvent être à l'origine d'une chute de cheveux :
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L’hyperthyroïdie et l’hypothyroïdie. Les hormones thyroïdiennes jouent un rôle direct dans la régulation du cycle pilaire. Un dysfonctionnement de la thyroïde peut provoquer une chute diffuse.
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La pelade (alopécie areata). Avec cette maladie auto-immune, le système immunitaire attaque les follicules pileux, provoquant des zones de chute arrondies et bien délimitées sur le cuir chevelu, voire au niveau d'autres zones pileuses. Elle peut être localisée ou évoluer vers une alopécie totale.
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Le psoriasis du cuir chevelu. Cette inflammation chronique du cuir chevelu peut perturber l'environnement des follicules et entraîner une chute de cheveux.
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La syphilis peut quant à elle provoquer une alopécie particulière, caractéristique de la maladie mais souvent négligée.
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La teigne est une infection fongique du cuir chevelu qui détruit les follicules pileux dans les zones atteintes. Elle concerne surtout les enfants.
Certains traitements médicaux
De nombreux médicaments peuvent entraîner une chute de cheveux. Le mécanisme diffère en fonction des molécules concernées :
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La chimiothérapie (et plus précisément les molécules cytotoxiques) attaque directement les cellules qui se divisent rapidement dans les follicules, ce qui entraîne une chute massive et brutale. Les cheveux repoussent à l'arrêt du traitement, parfois avec une modification de leur texture ou de leur couleur.
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Certains anticoagulants peuvent entraîner une chute de cheveux en perturbant la circulation sanguine au niveau du follicule.
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Certains antidépresseurs sont associés à une chute de cheveux réversible. Mais les mécanismes à l’œuvre sont encore mal élucidés.
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Les rétinoïdes (dérivés de vitamine A) utilisés dans certaines maladies de peau peuvent raccourcir la phase anagène.
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Certains contraceptifs oraux peuvent aggraver une alopécie andro-génétique déjà présente.
Si vous pensez qu’un de vos médicaments est à l’origine de votre chute de cheveux, parlez-en à votre médecin. Il pourra vous proposer d’adapter votre traitement ou de le modifier.
Perte de cheveux : qui consulter ?
Si vous perdez vos cheveux sans en connaître la cause, votre premier interlocuteur reste votre médecin traitant. Lors de la consultation, il vous interrogera sur vos antécédents familiaux, vos traitements en cours, vous demandera si vous avez subi des événements stressants récemment, questionnera votre mode de vie, votre alimentation et réalisera un examen clinique de votre cuir chevelu. Il pourra alors vous prescrire un bilan sanguin puis vous orienter vers différents spécialistes adaptés à votre situation :
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Un dermatologue qui réalisera des examens capillaires spécifiques.
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Un endocrinologue si une pathologie thyroïdienne ou un trouble hormonal est suspecté.
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Un gynécologue en cas de suspicion de maladie hormonale telle que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ou si votre chute de cheveux intervient au moment de la ménopause ou pendant votre post-partum.
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Un psychiatre ou un psychologue en cas de stress, d’anxiété chronique ou de suspicion de trichotillomanie.