Goître thyroïdien : quels sont les traitements possibles ?

Image
Goitre
Body

L’apparition d’un goître touche environ 10 % de la population française. Ses causes sont variées. Non systématiques, les traitements peuvent être médicamenteux ou chirurgicaux. Présentation.

 

Goître thyroïdien : qu'est-ce que c'est ?

Le goître désigne une augmentation anormale du volume de la glande thyroïde. La thyroïde est une petite glande en forme de papillon, d'environ 6 cm, située à la base du cou, en avant de la trachée. Elle produit les hormones thyroïdiennes T3 et T4 qui régulent de nombreuses fonctions de l'organisme : métabolisme, croissance, température corporelle, rythme cardiaque… On parle de goître lorsque le volume de la thyroïde dépasse les normes mesurées à l'échographie : supérieur à 18 ml chez la femme et à 20 ml chez l'homme. 

Il s'agit d'une pathologie fréquente, touchant plus de 10 % de la population. Elle concerne 3 fois plus souvent les femmes que les hommes, et son risque de survenue augmente avec l'âge (source : Société française d’endocrinologie). 

 

Apparition d'un goître de la thyroïde : quelles causes ?

La thyroïde grossit lorsqu'elle est stimulée de manière excessive ou anormale. Plusieurs mécanismes peuvent ainsi provoquer une goître thyroïdien :

  • Une carence en iode est la principale cause. L'iode est indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes. En cas d'apport insuffisant, la thyroïde compense en augmentant de volume. 

  • Les maladies auto-immunes de la thyroïde, comme la maladie de Basedow.

  • Les facteurs hormonaux : la puberté, la grossesse et la ménopause sont des périodes de vulnérabilité. Les follicules thyroïdiens possèdent des récepteurs pour les œstrogènes, ce qui explique en partie que les femmes soient davantage concernées par le goître.

  • Des antécédents familiaux de troubles thyroïdiens augmentent le risque.

  • Certains médicaments et substances : le lithium, l'amiodarone et certains aliments consommés en grande quantité (chou, brocoli, manioc) contiennent des substances qui peuvent inhiber la synthèse des hormones thyroïdiennes. Le tabac augmente également le risque.

Dans de nombreux cas et notamment en cas de goître multinodulaire, aucune cause précise n'est identifiée.

 

Quels sont les différents traitements possible en cas de goître thyroïdien ?

La prise en charge d'un goître n'est pas systématique. Elle dépend du type de goître, de son volume, de son effet sur la production hormonale et de la gêne ressentie par le patient, qu'elle soit physique ou esthétique.

Un goître simple, stable, peu volumineux et sans trouble hormonal associé ne nécessite pas de traitement. Dans ce cas, une simple surveillance est mise en place : consultations régulières, palpation du cou et échographies thyroïdiennes. 

 

Les traitements médicamenteux

En fonction de la cause du goître, un traitement médicamenteux peut être proposé :

  • Les hormones thyroïdiennes : en cas de goître associé à une hypothyroïdie ou à une stimulation excessive de la thyroïde par la TSH (l'hormone qui commande la thyroïde), un traitement par lévothyroxine peut être prescrit. Ce médicament est une hormone thyroïdienne de synthèse. Il compense le déficit hormonal et en freinant la production de TSH par l'hypophyse, il réduit la stimulation de la thyroïde. L’effet attendu est une stabilisation voire une légère réduction du volume thyroïdien. Ce traitement est surtout indiqué chez les patients jeunes présentant un goître récent. En revanche, il est contre-indiqué chez les patients âgés présentant un goître nodulaire non toxique car il risquerait de déclencher une hyperthyroïdie. La posologie dépend du dosage de la TSH.

  • L'iode et l'iode radioactif (iode 131) : une supplémentation en iode peut suffire à réduire le goître en cas de carence. Elle est particulièrement recommandée pendant la grossesse et l'adolescence. Quant à l'iode radioactif (iode 131), il s’agit d’un traitement non invasif recommandé en cas de goître toxique avec hyperthyroïdie, notamment chez les patients âgés ou présentant des contre-indications chirurgicales. Administré par voie orale, il se concentre dans les cellules thyroïdiennes de manière sélective et les détruit progressivement. Ce qui réduit l'activité et le volume de la glande de 30 à 40 % (Source : Société française d’endocrinologie). Ce traitement peut entraîner une hypothyroïdie secondaire, nécessitant alors un traitement substitutif par lévothyroxine à vie.

     

Le traitement chirurgical

La chirurgie est proposée lorsque le goître entraîne des symptômes ou devient suspect : volumineux, il provoque des difficultés à avaler, une gêne respiratoire, la voix rauque, des ronflements… Un nodule potentiellement malin peut aussi s’y développer. Elle peut aussi être préconisée devant une hyperthyroïdie résistante aux traitements médicaux ou une gêne esthétique importante.

Deux types d'interventions sont possibles, sous anesthésie générale :

  • La thyroïdectomie totale consiste à retirer l'intégralité de la glande thyroïde. Elle est indiquée en cas de goître volumineux, de maladie de Basedow sévère ou de suspicion de cancer. Après l'intervention, un traitement substitutif par lévothyroxine est nécessaire à vie pour compenser l'absence de production hormonale. Une supplémentation en calcium peut également être prescrite temporairement, en cas d'atteinte des glandes parathyroïdes.

  • La thyroïdectomie partielle ou lobo-isthmectomie consiste à ne retirer qu'un lobe de la thyroïde, voire uniquement le ou les nodules concernés. Elle est privilégiée lorsque l'atteinte est unilatérale et que la partie saine de la glande peut assurer la fonction hormonale. Le lobe restant peut parfois suffire à produire les hormones thyroïdiennes en quantité suffisante, sans avoir besoin de traitement substitutif. Cet aspect est évalué au cas par cas après l'intervention.
    Dans tous les cas, la chirurgie est réalisée par un chirurgien endocrinien spécialisé. Les suites opératoires sont généralement simples, avec une hospitalisation de courte durée.