Phobies : quand la peur vous gâche la vie

Une peur exacerbée, irraisonnée et parfois très handicapante au quotidien
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Phobies : quand la peur vous gâche la vie

Entre 10 et 20 % de la population souffrirait d’une phobie, une peur exacerbée, irraisonnée et parfois très handicapante au quotidien. Tout savoir sur les phobies et les façons de s’en débarrasser.

Phobies : d’où viennent-elles ?

Si certaines phobies ne perturbent pas beaucoup la vie de tous les jours, d’autres peuvent prendre des proportions importantes et avoir des répercussions très négatives dans la vie intime comme sociale.

Phobies et trouble anxieux

Les phobies sont l’une des formes que peut prendre le trouble anxieux. Ce dernier correspond à une anxiété devenue trop intense ou trop envahissante au point de perturber la vie quotidienne.

 

La particularité de la phobie est que le trouble anxieux se manifeste autour d’un animal, un objet ou une situation. La phobie devient problématique à partir du moment où son intensité rend certaines situations de la vie courante difficiles et que vous en souffrez, conscients de votre trouble présent malgré l’absence de raison objective d’avoir peur.

 

Plusieurs éléments peuvent provoquer l’apparition d’une phobie :

  • Un événement traumatisant responsable de son déclenchement.

  • L’éducation inculquée par un parent lui-même phobique, qui transmet alors sa peur malgré lui. Également en cas de recommandations de prudence excessives dans certaines situations, par exemple lorsqu’un parent répète à son enfant d’éviter de jouer au milieu des fleurs, pour éviter de se faire piquer par un insecte.

  • Biologiquement, une phobie pourrait s’expliquer par l’hyperfonctionnement des circuits cérébraux impliqués dans les émotions, en particulier la peur. En outre, un dérèglement biologique dans la région de l’amygdale pourrait favoriser l’apparition d’un trouble anxieux.

Quels sont les symptômes d’une phobie ?

Le plus évident est bien sûr la manifestation d’une peur exacerbée et incontrôlable en présence de l’objet de sa phobie. Celle-ci peut être plus ou moins intense : montée d’angoisse, augmentation significative du rythme cardiaque, tremblements, nausée, panique…

Si elle se révèle complètement en présence de l’objet concerné, la phobie peut aussi continuer d’inquiéter (avec les symptômes physiques associés) en son absence : on parle alors d’anxiété d’anticipation. Autrement dit, si vous anticipez de vous retrouver en présence de l’objet de votre phobie et que cela vous angoisse. Pour reprendre l’exemple de la personne phobique des insectes, cette dernière va redouter de se rendre chez des amis ayant un jardin par beau temps, jusqu’à éprouver des signes physiques d’anxiété.

 

On peut alors constater des conduites d’évitement ou, à l’inverse, de confrontation : dans le premier cas, tout sera fait pour éviter d’être en relation avec l’objet concerné, alors que dans le second, la personne affrontera volontairement l’objet de sa peur, adoptant alors une conduite contra-phobique.

 

 

Distinguer la phobie d’une attaque de panique

 

Si les deux représentent des manifestations de trouble anxieux, l’attaque de panique se définit par la survenue brutale d’une peur particulièrement intense, associée à un sentiment de mort ou de catastrophe imminente et déclenchant une perte de contrôle. Elle est accompagnée de symptômes allant de pair avec l’intensité de cette peur : palpitations, tremblements, transpiration, impression d’étouffement ou d’étranglement, nausées, vertiges, engourdissements, frissons ou encore bouffées de chaleur. L’attaque de panique peut faire partie des symptômes accompagnant la phobie, lorsque cette dernière est particulièrement intense.

Quelles sont les phobies les plus répandues ?

Bien qu’il existe un grand nombre de phobies, quelques-unes sont particulièrement répandues :

  • L’acrophobie. Cette phobie touche deux fois plus les femmes que les hommes et se définit par la peur des hauteurs. A ne pas confondre avec les vertiges, provoqués par un dysfonctionnement du système vestibulaire situé dans l’oreille interne. Pour un acrophobe, les dimensions sont démesurées et amplifiées, même à de faibles hauteurs. Il met généralement en place des conduites d’évitement, au point de rendre certaines situations du quotidien compliquées.

  • La claustrophobie est bien connue et très répandue : 4 à 5 % des Français en souffrent. Sans surprise, elle correspond à la peur pathologique d’être enfermé dans des espaces confinés, clos et restreints sans pouvoir en sortir. Dans les cas les plus prononcés, prendre certains transports en commun, l’ascenseur, ou même passer une IRM s’avère difficile.

  • L’arachnophobie peut être comparée à l’entomophobie : dans le premier cas, elle concerne exclusivement la peur des araignées, et de tous les insectes dans le second cas. Pour les entomophobes, les bourdonnements et autres mouvements de petits objets pouvant ressembler à des insectes provoquent l’anxiété.

  • L’agoraphobie. Il s’agit de la peur des grands espaces, souvent confondue avec l’ochlophobie qui correspond à la peur de la foule. L’agoraphobie peut se manifester dans de vastes lieux fréquentés, dans des endroits étendus et déserts ou des espaces clos et vides. Le véritable objet de l’angoisse réside dans le risque de ne pouvoir être secouru ou de ne pouvoir s’échapper en cas de danger. Autrement dit, c’est la peur d’être seul face à une menace. Sortir accompagnés est la meilleure stratégie mise en place par les agoraphobes pour ne pas être confrontés à leur phobie.

  • La nosophobie est la peur irrationnelle de tomber malade. L’hypocondrie, elle, est la peur irrationnelle d’être déjà malade. Dans certains cas, on parle d’hypocondrie psychotique, quand la personne est convaincue d’être malade malgré les démentis des médecins. Il s’agit alors d’un trouble psychiatrique, avec des manifestations délirantes.

  • La zoophobie est la peur des animaux, qu’il s’agisse de tous les animaux ou de l’un d’entre eux en particulier. Cette phobie se manifeste en présence de l’animal ou par anticipation. Il fait généralement suite à un événement traumatisant en lien avec l’animal concerné, et survenu durant l’enfance.

  • La phobie sociale, également qualifiée de phobie de société, se manifeste lorsque la personne phobique doit agir en public. Rien à voir avec le stress ou l’anxiété ressenti avant une prise de parole en public : la phobie sociale provoque un état proche de la panique. Entre 2 et 4 % de la population serait concernée en Europe.

Comment soigner une phobie ?

Il existe plusieurs manières de traiter les phobies et d’en atténuer les effets, voire de totalement les vaincre !

Soigner sa phobie avec une thérapie cognitive et comportementale

Particulièrement appropriées en présence d’une phobie, les thérapies cognitives et comportementales (TCC) sont préconisées par les professionnels de santé. Menées par des psychologues, elles permettent de décrypter les stratégies mises en place par les personnes phobiques, dans le but de pouvoir les contrôler et les anticiper par la suite.

Au bout d’un moment, le patient est progressivement exposé à l’objet de sa phobie. L’objectif final est de faire cesser les conduites d’évitement mises en place et qui ne font que renforcer la phobie du fait du soulagement ressenti en l’évitant.

Le dialogue avec le thérapeute est bien sûr primordial : toutes les émotions ressenties lors de l’exposition et les raisons qui provoquent l’anxiété doivent être verbalisées. A terme, le but est de prendre conscience de ce qui effraye réellement et donc de désensibiliser le patient à sa phobie.

En moyenne, une TCC dure environ 3 mois, incluant les séances avec son thérapeute et le « travail à la maison ».

La psychanalyse pour mieux comprendre sa phobie

Au programme de la psychanalyse : la parole et l’introspection. Le psychanalyste guide le patient vers une meilleure connaissance de lui-même, et donc de ses comportements et réactions spécifiques. L’introduction dans la conscience jusqu’à l’inconscient s’effectue en douceur, au fil des séances.

Principal objectif ? Identifier les causes (ou éléments déclencheurs) de la phobie, en déconstruisant son schéma d’apparition. Par la suite, le patient prend ainsi conscience des différents schémas mentaux qu’il a mis en place, ce qui lui permet de résoudre lui-même sa phobie en la considérant comme « inutile ». Il est donc véritablement acteur de son cheminement et donc, de sa guérison.

La durée de la psychanalyse ou d’une thérapie d’approche psychanalytique est propre à chaque patient : des mois voire des années s’il souhaite réaliser un travail plus large, au-delà de sa phobie.

Quelles médecines douces pour prendre en charge une phobie ?

Plusieurs médecines dites douces pourraient être efficaces pour lutter contre une phobie, et plus particulièrement pour atténuer votre peur. Mais la médecine douce seule n’est généralement pas suffisante pour totalement vaincre votre phobie et peut être associée à une thérapie !

  • La relaxation. En répétant des exercices, votre cerveau crée des automatismes vous permettant de mieux gérer la manifestation de votre phobie et de votre anxiété d’une manière générale, par la suite.

  • La méditation en pleine conscience. Le but est d’accueillir ses émotions telles qu’elles viennent et de les accepter ainsi. Calme et sérénité sont les principaux résultats de cette technique. Elle peut aider à prendre du recul sur sa phobie.

  • La sophrologie vise l’harmonie rétablie entre le corps et l’esprit. Pour y parvenir, des exercices de respiration, de détente musculaire ainsi que la visualisation d’images positives sont utilisées pour diminuer l’anxiété et la souffrance provoquées par la phobie. Ces exercices de relaxation, de détente et de positivisme peuvent aider à diminuer les sentiments négatifs qui entourent la manifestation d’une phobie, en particulier lorsqu’ils sont associés à une thérapie.

  • L’hypnose est une technique utilisée par bon nombre de professionnels de santé eux-mêmes. Elle se définit par un état de conscience modifié, déconnecté de la réalité extérieure et pleinement concentré sur la séance. Dans le cadre du traitement de la phobie, l’hypnose peut permettre d’accéder à des ressources enfouies dans votre inconscient. De quoi prendre suffisamment de recul pour diminuer les émotions qui vous submergent lorsque votre phobie se manifeste. 

Le traitement médicamenteux pour une phobie ?

Prendre un traitement médicamenteux pour traiter une phobie n’est pas automatique. Il n’est recommandé que si votre phobie entraîne des répercussions négatives importantes sur votre quotidien et provoque des manifestations particulièrement intenses comme des crises de panique. Seul un médecin sera habilité à vous prescrire un traitement de ce type. Il tiendra compte de vos antécédents et de votre état de santé général. Il s’agit généralement d’une prescription d’anxiolytiques ou d’antidépresseurs.

Mais s’il apaise les symptômes, le traitement seul ne suffit pas à vaincre votre phobie. Il doit être associé à une thérapie (TCC) ou une psychothérapie.

 

 

Et si la réalité virtuelle vous aidait à vaincre votre phobie ?

 

Appelez-les TERV, pour thérapie par exposition à la réalité virtuelle. Ce concept n’est plus du tout futuriste, mais officiellement appliqué, notamment dans le traitement des phobies. Le principe est simple : le patient, muni d’un casque de réalité virtuelle, est placé virtuellement en présence de l’objet de sa phobie, le tout de façon progressive. L’objectif est le même qu’avec une thérapie cognitive et comportementale : se confronter en douceur et de manière contrôlée à l’objet de sa peur, pour se désensibiliser. La TERV étant ludique et motivante par nature, la réussite de cette méthode est d’autant plus confirmée.

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