La colique néphrétique, une douleur intense qui doit alerter

Aiguë, très localisée et éphémère dans la plupart des cas : voici les principales caractéristiques de la colique néphrétique.
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Colique néphrétique
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La colique néphrétique, une douleur intense qui doit alerter

Aiguë, très localisée et éphémère dans la plupart des cas : voici les principales caractéristiques de la colique néphrétique. Pourquoi survient-elle ? Comment la reconnaître et la soigner ? Présentation de cette pathologie parfois grave.

Qu’est-ce qu’une colique néphrétique ?

Une colique néphrétique se caractérise d’abord par une intense douleur ressentie dans la région lombaire et abdominale, mais d’un seul côté. Elle naît précisément au niveau du dos et descend jusque dans l’aine, voire jusqu’au niveau des organes génitaux. La durée d’une crise varie de quelques minutes à quelques heures et aucune position ne permet malheureusement de la soulager.

Le calcul rénal, à l’origine de 80 % des coliques néphrétiques

Quelle est la cause de la colique néphrétique ? Néphrétique signifie en rapport avec les reins. C’est donc de ce côté-là du corps qu’il faut chercher l’origine de la douleur, effectivement causée par l’augmentation de la pression dans les voies urinaires et dans le rein. Ce phénomène est provoqué par une obstruction des voies urinaires, et plus particulièrement par un calcul rénal (également appelé lithiase rénale), responsable de près de 80% des coliques néphrétiques.

 

Le calcul (sorte de « pierre » composée de sels minéraux, en particulier d’oxalate de calcium dans la grande majorité des cas) se forme dans l’uretère, ce canal qui relie le rein à la vessie. Puis, il se déplace de la vessie à l’urètre, avant d’être évacué dans les urines naturellement ou à la suite d’un traitement, en fonction de la taille du calcul. Ceux dont le diamètre est inférieur à 5 millimètres sont le plus souvent évacués spontanément.

Colique néphrétique : quels sont les symptômes ?

Si le principal symptôme est la douleur intense et brutale, née dans le dos et descendant jusqu’aux organes génitaux et d’un seul côté (car l’obstacle se situe dans la voie urinaire de gauche ou de droite), d’autres doivent vous alerter :

  • Le rythme de la douleur : elle est brève, mais se répète après une « fausse » période d’accalmie, durant laquelle elle reste sous-jacente.

  • Aucune position ne permet de vous soulager.

  • Cette douleur peut s’accompagner de nausées, vomissements, ballonnements.

  • Elle peut aussi être associée à une forte envie d’uriner (envie fréquente ou urgente), mais sans y parvenir.

  • Du sang peut être présent dans les urines.

 

 

Colique néphrétique : les signes qui indiquent une urgence médicale

 

 

Quand certains symptômes sont associés à la douleur intense de la colique néphrétique, il s’agit d’une urgence médicale :

  • Vous avez de la fièvre, des frissons et ressentez un état de mal-être général.

  • Cela fait 24 heures que vous n’avez pas uriné.

  • Ou vos urines comportent du sang.

  • Vous subissez des vomissements et atteignez un état proche du malaise.

  • Vous avez la sensation que la douleur augmente ou s’étend.

  • Vous êtes atteint d’insuffisance rénale ou d’une maladie touchant l’appareil urinaire.

  • Vous ne possédez qu’un seul rein ou avez subi une transplantation rénale.

 

Si vous présentez un ou plusieurs de ces symptômes, ou que vous êtes enceinte au moment de la crise, composez le numéro des services d’urgence médicale (15 ou 112).

Colique néphrétique : quelle prise en charge ?

Lors d’une crise et malgré la forte douleur, certains comportements sont à adopter, avant de contacter votre médecin traitant :

  • Vérifiez que vous n’avez pas de fièvre en prenant votre température.

  • Buvez de l’eau normalement et en quantité suffisante.

  • Appliquez une source de chaleur sur la zone douloureuse, en prenant un bain ou une douche, par exemple.

  • Prenez du paracétamol ou des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS), sauf en cas de contre-indication.

 

Si la douleur disparaît, il est malgré tout nécessaire de consulter votre médecin qui, dans le cas contraire, pourra déterminer le meilleur traitement à vous administrer, une fois un certain nombre d’examens effectués.

Colique néphrétique : des examens avant de la soigner

Le premier examen prescrit par le médecin consistera sûrement en un test urinaire, effectué grâce à une bandelette. Cela permet au professionnel de santé de dépister la présence de sang, fréquente lorsque le calcul rénal est amené à irriter les voies urinaires en se déplaçant. Ce premier examen permet également de vérifier s’il y a des leucocytes ou des nitrites, leur présence pouvant révéler une infection urinaire. Si tel est le cas, un examen cytobactériologique des urines (ECBU) est effectué par la suite.

 

Dans un second temps, des examens radiologiques sont également prescrits, afin d’évaluer le positionnement et les caractéristiques du calcul rénal : une échographie abdomino-pelvienne est systématique car elle permet de visualiser les reins et l’appareil urinaire. La présence du calcul et la dilatation des voies urinaires sont clairement identifiées grâce à cet examen.

 

Il peut s’accompagner d’un scanner de l’abdomen et de la région pelvienne, s’il y avait besoin d’identifier plus précisément les sources d’obstruction des voies urinaires. Enfin, un bilan sanguin permet de vérifier le fonctionnement des reins.

Colique néphrétique : quels traitements ?

La première étape du traitement consiste à diminuer la douleur : en fonction de chaque patient et de ses symptômes, cela passera par la prise d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens, d’antalgiques ou d’antispasmodiques.

Les soins se concentrent ensuite sur l’évacuation du calcul. Cela se fera naturellement s’il est inférieur à 5 millimètres. Dans ce cas, vous devrez uriner dans un récipient afin que le calcul puisse être analysé une fois expulsé.

 

Si le calcul persiste, une intervention médicale est nécessaire et peut prendre diverses formes :

  • Une sonde urétérale (également appelée double J) est mise en place.

  • Une endoscopie des voies urinaires est pratiquée, permettant de fragmenter le ou les calculs rénaux à l’aide du laser.

  • Éventuellement une lithotritie extracorporelle (également appelée fragmentation extracorporelle par ondes de choc), méthode non-invasive qui consiste à produire des ondes de choc à l’aide d’un générateur, qui traversent la peau et les tissus mous, afin de réduire le calcul en plusieurs fragments pour faciliter son élimination.

  • Ou une néphrolithotomie percutanée : une intervention chirurgicale définie par une incision d’un centimètre environ, effectuée sur le flanc ou le dos pour retirer le calcul rénal.

 

Une fois le traitement administré, un suivi médical doit être effectué. A cette occasion, un examen radiologique de l’abdomen est pratiqué afin de vérifier que le calcul rénal a bien été évacué.

Conseil bien-être : comment prévenir une colique néphrétique ?

La prévention est capitale car les risques de récidive de colique néphrétique sont élevés. Pour empêcher des calculs rénaux de se former, le meilleur moyen consiste en l’élimination et la dilution des urines. Pour ce faire, boire au moins 2 litres d’eau par jour (un peu plus que le minimum recommandé d’1,5 litre journalier) est nécessaire, en particulier quand il fait chaud ou que vous faites du sport. Cette consommation d’eau doit avoir lieu tout au long de la journée, jusqu’au coucher et pendant la nuit en cas de réveil.

 

Ces conseils sont d’autant plus nécessaires si vous venez d’effectuer un voyage prolongé, que vous séjournez dans un pays chaud, travaillez dans un milieu excessivement chaud ou venez de subir une immobilisation.

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