Diverticulose, diverticulite : tout savoir sur ces pathologies du côlon

La diverticulose est une pathologie du côlon courante, voici le symptômes, causes, traitements…
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Diverticulose, diverticulite : tout savoir sur ces pathologies du côlon
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Essentiellement liée à l’âge, la diverticulose est une pathologie du côlon courante, asymptomatique et bénigne. Mais elle peut, dans certains cas, se compliquer en une diverticulite. Symptômes, causes, traitements… Notre dossier.

 

Qu’est-ce-que la diverticulose ?

Également appelée diverticulose colique, cette anomalie anatomique touche la muqueuse ou la sous-muqueuse de la paroi musculaire du côlon. Elle concerne dans 90 % des cas la zone de cet organe appelée côlon sigmoïde, le segment terminal du côlon, juste avant le rectum. Cette affection courante touche surtout les habitants des pays industrialisés.

 

Encadré : comment est structuré le côlon ?

Le côlon prolonge l’intestin grêle et forme une sorte de cadre au sein de l’abdomen. Il est constitué de différentes parties : le côlon transverse qui correspond à la « partie supérieure » du « cadre », puis, le côlon descendant, suivi du côlon sigmoïde et enfin du rectum.

L’intestin est formé de trois couches distinctes : la muqueuse, la musculeuse et la séreuse, dans lesquelles se situent de nombreux vaisseaux sanguins transportant oxygène, dioxyde de carbone et nutriments.

Sur l’ensemble du côlon peuvent apparaître des diverticules que l’on peut également appeler hernies (même si, pour rappel, elles apparaissent surtout au niveau de la zone sigmoïde) : c’est la diverticulose.

 

La diverticulose, un trouble des diverticules

Une diverticulose consiste en la présence d’un à plusieurs dizaines de diverticules sur la paroi du côlon, sans qu’aucun symptôme n’apparaisse pour autant.

 

Les causes de cette anomalie morphologique restent inconnues, mais l’hypothèse la plus probable est une faiblesse de la paroi du côlon (dite aussi paroi colique), renforcée par une alimentation pauvre en fibres et une sédentarité, entraînant alors plusieurs épisodes de constipation (différents facteurs qui surviennent plus facilement avec l’âge), ce qui met le transit, et donc les différentes couches du côlon, à rude épreuve. Conséquence, à force de devoir fournir davantage d’efforts, la paroi colique s’épaissit et les vaisseaux sanguins se fragilisent : le ou les diverticules se forment.

 

Cette anomalie, également considérée comme une affection, est relativement courante au fur et à mesure que le patient prend de l’âge : 30% des patients européens âgés de plus de 60 ans ont une diverticulose. Ce pourcentage passe à 50% pour les plus de 70 ans et 66% pour les plus de 85 ans.

 

Quand la diverticulose devient diverticulite

Si elle est asymptomatique et bénigne dans la plupart des cas, la diverticulose peut évoluer vers une pathologie diverticulaire, dont la diverticulite, qui touche 10 à 25 % des patients atteints de diverticulose. La diverticulite consiste en une inflammation aiguë ou chronique des diverticules. Si elle n’est pas prise en charge à temps, cette inflammation peut évoluer en infection et les diverticules risquent alors de perforer en abcès ou en péritonite.

 

Il est donc recommandé d’aller consulter un gastro-entérologue dès l’apparition des symptômes.

 

Quels sont les symptômes de la diverticulite ?

  • Douleurs et crampes abdominales inhabituelles et intenses

  • Ballonnements

  • Signes urinaires : brûlures, envies plus fréquentes d’uriner

  • Diarrhée

  • Sang dans les selles

  • Fièvre

Diverticulite : comment la soigner ?

La diverticulose étant asymptomatique, c’est généralement lorsque la diverticulite se déclare que l’on découvre son existence et que votre gastro-entérologue peut la prendre en charge.

Adapter son alimentation et soulager les symptômes

Pendant la poussée inflammatoire de la diverticulite, mieux vaut adopter un régime alimentaire pauvre en fibres. Les symptômes que vous subissez durant cette phase peuvent aussi être soulagés à l’aide d’un traitement adapté à chacun d’eux (contre la fièvre, les douleurs abdominales, la diarrhée…).

 

En cas d’infection, votre médecin peut vous prescrire des antibiotiques.

 

En revanche, dès lors que la diverticulite s’est résorbée, ce sont des aliments riches en fibres qu’il vous faut consommer :

  • Fruits secs

  • Oléagineux

  • Légumineuses : lentilles, soja, pois chiches, haricots secs

  • Céréales complètes : pain, riz, avoine

  • Légumes : artichaut, haricots rouge et blanc, salsifis, petits pois, fèves

  • Fruits : groseilles, cassis, mûres, framboises

  • Chocolat noir à 70% de cacao

 

Traiter la diverticulite par la chirurgie

La chirurgie est parfois nécessaire en cas d’infections et de périodes inflammatoires répétées. Elle est alors réalisée par un chirurgien viscéral et/ou digestif. L’intervention la plus courante dans cette situation est une sigmoïdectomie prophylactique par voie coelioscopique. Elle consiste en l’ablation de la zone du côlon atteinte, puis la reconnexion du côlon avec le rectum par plusieurs petites incisions peu invasives. D’autres modes opératoires peuvent être préconisés si la diverticulite subit des complications telles qu’une fistule, un abcès ou une péritonite.

L’opération doit idéalement avoir lieu 4 à 6 semaines après un épisode aigu de diverticulite, autrement dit lorsque les diverticules sont à nouveau à l’état de diverticulose. L’hospitalisation pour cette intervention dure entre 3 à 7 jours. Les douleurs post-opératoires sont généralement mineures et les complications rares.

 

A partir de 60 ans, la diverticulose est considérée comme une maladie courante, dont la fréquence augmente avec l’âge. Elle ne comporte, cependant, aucun caractère héréditaire. Enfin, rassurez-vous : si vous risquez de subir cette anomalie en vieillissant, elle n’évoluera pas forcément en diverticulite. En effet, cette complication ne concerne qu’une minorité de patients ayant des diverticules.

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