Le cancer du foie peut prendre différentes formes et se développe le plus souvent à partir d’une pathologie préexistante. Explications.
Qu’est-ce qu’un cancer du foie ?
Le cancer du foie correspond à une tumeur qui se développe à partir des cellules du foie. Leur prolifération anormale finit alors par former une tumeur dite maligne dans le foie. Il existe deux types de cancer du foie, appelés aussi cancer hépatique :
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Le carcinome hépatocellulaire ou hépatocarcinome est le cancer du foie le plus fréquent (70 à 90% des cas, selon la Société nationale française de gastro-entérologie. Il se développe à partir des cellules qui forment la majeure partie du foie.
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Le cholangiocarcinome ou cancer des voies biliaires se développe à partir des cellules situées dans les canaux des voies biliaires, à l’intérieur du foie.
En France, 11 658 nouveaux cas de cancer du foie ont été diagnostiqués en 2023, d’après l’Institut national du cancer. Ce cancer concerne majoritairement les hommes (76% du nombre précédent), mais en hausse chez les femmes.
Le foie, un organe essentiel du système digestif
Le foie est un organe vital. Il joue plusieurs rôles :
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Il fabrique la bile, élément indispensable de la digestion.
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Il filtre le sang pour le débarrasser des éléments nocifs.
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Il conserve et fait circuler le glucose, les vitamines et les minéraux provenant de l’alimentation.
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Il fabrique des protéines contribuant à la coagulation du sang, ce qui permet de mettre fin aux saignements en cas de lésion.
Cancer du foie : quels sont les facteurs de risque ?
Le principal facteur de risque du cancer du foie est la préexistence d’une maladie du foie, en particulier la cirrhose. Cette pathologie est même considérée comme un état précancéreux et doit être étroitement surveillée médicalement. La cirrhose du foie est essentiellement provoquée par une consommation excessive d’alcool, mais aussi par l’hépatite B ou C.
Plus rarement, le cancer du foie peut également être causé par :
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Une accumulation de graisse dans le foie : on parle alors de stéatose non alcoolique, également appelée maladie du foie gras non alcoolique.
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Ou de fer : il s’agit alors d’une autre maladie appelée hémochromatose.
Plus généralement, on peut considérer que la consommation d’alcool représente le plus grand facteur de risque : 48% des nouveaux cas de cancer du foie seraient liés à une consommation excessive de cette substance, d’après l’Institut national du cancer. D’autres facteurs de risque sont à prendre en compte : le surpoids et l’obésité, le diabète de type 2 et le tabagisme. Il est très rare qu’un cancer du foie se développe dans un foie non malade et sans facteur de risque connu.
En l’absence de maladie du foie, des symptômes qui doivent alerter
Le cancer du foie est essentiellement asymptomatique, d’autant plus durant les premières années de son développement. Par la suite, il reste difficile à repérer car ses symptômes ne sont pas spécifiques : il s’agit de troubles digestifs comme une diarrhée ou constipation inexpliquée ou des douleurs abdominales. Si ces symptômes apparaissent et perdurent, vous devez consulter rapidement votre médecin traitant dans un premier temps.
La prise en charge médicale du cancer du foie
Le plus souvent, la prise en charge médicale du cancer du foie débute en lien avec le traitement de la maladie hépatique déjà présente. La cirrhose notamment, est une maladie grave qui exige un suivi médical rigoureux et régulier.
Le diagnostic du cancer du foie
En cas de cirrhose du foie, un bilan médical comprenant différents examens dont une échographie doit être réalisé tous les 6 mois, permettant de repérer suffisamment tôt un cancer du foie. Le diagnostic est ensuite confirmé par un autre examen d’imagerie : un scanner, PET-scan ou une IRM (imagerie par résonance magnétique).
Un bilan sanguin est également réalisé afin de vérifier les taux de certains marqueurs systématiquement élevés en cas de cancer, comme l’alphafoetoprotéine.
Enfin, une biopsie est pratiquée afin de prélever une portion de la tumeur, mais aussi une portion saine du foie et ce, pour :
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Analyser le type de tumeur : sa nature, son degré d’évolution et de sévérité.
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Évaluer l’état général du foie, afin de mettre en place le traitement le plus adapté et supportable.
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Vérifier l’avancée de la maladie hépatique sous-jacente s’il y en a une, pour la même raison que précédemment.
Cancer du foie : quels traitements ?
Plusieurs traitements sont possibles et dépendent de l’état du foie, du type de tumeur, de sa sévérité et de son étendue, mais aussi de votre état de santé global, d’autant plus en cas de cirrhose du foie (le traitement dépend de sa gravité).
Un certain nombre de traitements permettent de supprimer la tumeur (ils sont dits curatifs) et sont soumis à conditions :
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L’ablation ou résection chirurgicale qui consiste à retirer la partie du foie atteinte par la tumeur. Cette intervention peut avoir lieu en l’absence de complications liées à la cirrhose, en cas de lésion unique et avec un foie en bon état par ailleurs. L’intervention est réalisée par coelioscopie, de plus en plus souvent robot-assistée, ce qui permet de meilleures suites opératoires.
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La destruction percutanée est une alternative à la chirurgie. Mini-invasive également, cette intervention vise à détruire la tumeur par radiofréquence ou cryothérapie, sous contrôle par imagerie en parallèle. Cette technique est effectuée sous anesthésie générale à travers la peau, par un radiologue spécialisé.
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La chimio-embolisation ou radio-embolisation (un traitement dit loco-régional) consiste à injecter des particules radioactives de plus ou moins gros diamètre dans l’artère hépatique. Ces particules contiennent le médicament de chimiothérapie adapté au cas du patient.
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La greffe de foie ou transplantation hépatique : ce traitement permet de traiter à la fois la cirrhose et le cancer. Il est proposé à un petit nombre de patients, car sa mise en place dépend de l’âge, des facteurs de risque (consommation d’alcool, poids…), de l’étendue de la tumeur et du nombre de greffons disponibles.
D’autres traitements sont destinés à ralentir la progression du cancer si l’une des techniques précédentes ne peut être envisagée :
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La radiothérapie, en particulier stéréotaxique, peut être indiquée pour des patients dont le cancer est localisé (donc peu étendu) mais de taille importante et/ou avec une mauvaise fonction hépatique.
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Les thérapies ciblées : à base de médicaments qui agissent directement sur le mécanisme à l’œuvre dans le cancer du foie concerné. Ce type de traitement est donc adapté à chaque patient. Ces thérapies peuvent être associées à de l’immunothérapie. L’immunothérapie représente d’ailleurs un traitement à part entière du cancer du foie. Elle est généralement bien tolérée, y compris en cas de maladie hépatique préexistante. L’immunothérapie agit en stimulant les cellules du système immunitaire, afin de les diriger contre les cellules tumorales.
Les essais cliniques consistent en des protocoles de recherche clinique. Autrement dit, en fonction des caractéristiques et du stade du cancer, il peut vous être proposé d’intégrer une recherche scientifique permettant d’évaluer l’efficacité d’un traitement innovant.