Le cancer de la thyroïde est peu fréquent mais est le premier des cancers endocriniens. Quelles sont ses causes, comment le repérer ? Quels sont les traitements disponibles ? Présentation.
Cancer de la thyroïde : qu'est-ce que c'est ?
On parle de cancer de la thyroïde, en présence d’une tumeur maligne originaire des cellules de la glande thyroïde, cette petite glande en forme de papillon nichée à la base du cou. C’est le cancer endocrinien le plus fréquent.
En France, environ 7 700 nouveaux cas de cancer de la thyroïde sont diagnostiqués chaque année, d’après l’Institut national du cancer. La mortalité liée à cette pathologie reste toutefois faible et continue de baisser. Ce cancer touche quatre fois plus les femmes que les hommes, d’après l’Assurance maladie. L'âge moyen au moment du diagnostic est d'environ 50 ans, avec un pic d'incidence entre 55 et 60 ans.
Les deux types de cancer de la thyroïde
Les plus fréquents sont les cancers dits folliculaires. Ils se développent à partir des cellules produisant les hormones thyroïdiennes T3 et T4. On trouve différentes formes de cancers folliculaires :
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Le carcinome papillaire évolue lentement, reste le plus souvent localisé et répond bien aux traitements.
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Le carcinome folliculaire, plus rare, évolue également lentement avec un pronostic favorable, surtout lorsqu'il est détecté à un stade précoce.
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Le carcinome anaplasique ou indifférencié est une forme rare et survient surtout après 60 ans. Très agressif, son pronostic est malheureusement plus sombre.
Le second type de cancer de la thyroïde sont les cancers médullaires de la thyroïde (CMT). Ceux-ci se développent à partir des cellules C, les cellules qui sécrètent la calcitonine, une hormone régulatrice du calcium. Moins fréquents, ces cancers ont la particularité d’être de forme familiale : ils se développent à cause de la mutation du gène RET, transmissible génétiquement. Si un membre de votre famille a subi cette forme de cancer de la thyroïde, une consultation d'oncogénétique vous sera proposée.
Cancer de la thyroïde : quelles causes ?
Dans la majorité des cas, le cancer de la thyroïde ne présente pas de cause clairement identifiable. Plusieurs facteurs de risque sont néanmoins reconnus :
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L'exposition aux rayonnements ionisants, en particulier pendant l'enfance : radiothérapie ORL, exposition à des retombées radioactives comme celles de Tchernobyl en 1986.
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Les antécédents familiaux et les prédispositions génétiques, en particulier concernant le cancer médullaire. Des syndromes génétiques plus rares (comme la néoplasie endocrinienne multiple de type 2 ou le syndrome de Cowden) sont également associés à un risque accru de développer un cancer de la thyroïde.
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Les nodules thyroïdiens : la grande majorité des nodules sont bénins, mais leur présence augmente le risque de voir un nodule malin se développer.
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La carence en iode est associée à une augmentation du risque de cancers folliculaires dans certaines régions du monde.
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L'obésité est identifiée comme un facteur de risque, mais les mécanismes à l’œuvre sont encore à l'étude.
Quels sont les symptômes du cancer de la thyroïde ?
Le cancer de la thyroïde est souvent asymptomatique au cours des premières années. Lorsque des symptômes apparaissent, ils comprennent le plus souvent :
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Un nodule palpable au niveau du cou, parfois visible à l'œil nu, de consistance ferme et qui bouge peu à la palpation.
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Une augmentation du volume de la thyroïde qui peut se manifester par un goître.
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Des troubles de la voix comme un enrouement persistant. Il est dû à la compression ou à l'envahissement du nerf qui commande les cordes vocales.
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Des difficultés à avaler ou à respirer en cas de compression de l'œsophage ou de la trachée par une tumeur volumineuse.
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Des ganglions cervicaux plus volumineux, causés par une extension du cancer aux ganglions lymphatiques du cou.
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Plus rarement, une douleur cervicale.
Le diagnostic du cancer de la thyroïde
Ce cancer est découvert le plus souvent par hasard, lors d'une consultation pour un autre motif ou dans le cadre d'une échographie thyroïdienne. Devant toute anomalie thyroïdienne, un bilan diagnostique est mis en place selon plusieurs étapes :
Les bilans sanguins
Plusieurs dosages sanguins sont prescrits pour orienter le diagnostic :
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Le dosage de la TSH permet d'évaluer le fonctionnement global de la thyroïde.
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Le dosage de la thyroglobuline, une protéine produite par les cellules de la thyroïde. Son dosage est utilisé comme marqueur tumoral dans le suivi des cancers papillaires et folliculaires après traitement.
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Le dosage de la calcitonine est systématiquement réalisé en cas de suspicion de cancer médullaire car cette hormone est sécrétée de façon excessive par les cellules C tumorales.
Les examens d'imagerie médicale
Plusieurs examens sont pratiqués pour affiner le diagnostic :
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L'échographie cervicale est l’examen de première intention. Non irradiant, il permet de visualiser la thyroïde, d’identifier le ou les nodules suspects et d’explorer les ganglions cervicaux. Cette échographie est systématiquement réalisée devant toute anomalie détectée à la palpation.
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La scintigraphie thyroïdienne étudie l'activité des nodules en injectant un traceur radioactif captant l'iode. Un nodule dit « froid » (qui ne capte pas l'iode) est suspect.
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Le scanner cervical ou thoracique est indiqué en cas de suspicion d'extension du cancer.
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L'IRM est utile dans certains cas pour obtenir plus de détails anatomiques sur la tumeur avant la chirurgie.
La cytoponction de la thyroïde
Également appelée ponction à l'aiguille fine, la cytoponction est un geste clé dans le bilan diagnostique. Elle consiste à prélever des cellules directement dans le nodule thyroïdien à l'aide d'une fine aiguille, guidée par échographie. Le prélèvement est ensuite examiné au microscope par un anatomopathologiste.
La cytoponction permet de distinguer une lésion bénigne d'une lésion maligne ou suspecte et de décider si la chirurgie peut être envisagée. Elle est réalisée en consultation, sans anesthésie générale.
Cancer de la thyroïde : quels sont les traitements ?
La prise en charge du cancer de la thyroïde est pluridisciplinaire. Elle implique votre endocrinologue, votre oncologue, un chirurgien ORL, des médecins nucléaires et des anatomopathologistes. Le traitement est discuté de façon collégiale en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) et adapté à toutes les caractéristiques de la maladie ainsi qu’à votre situation.
La thyroïdectomie : l'intervention chirurgicale de référence
La thyroïdectomie totale consiste à retirer complètement la glande thyroïde. C’est le traitement recommandé dans la majorité des cancers thyroïdiens. Dans certains cas, lorsqu’il s’agit de tumeurs de petite taille et peu agressives, une thyroïdectomie partielle (lobectomie) peut être envisagée.
L'intervention est réalisée sous anesthésie générale, le plus souvent par une incision pratiquée à la base du cou. L’objectif est de préserver les structures des glandes parathyroïdes et des nerfs qui commandent les cordes vocales.
Le traitement par iode radioactif ou irathérapie
Après une thyroïdectomie totale, un traitement par iode radioactif ou irathérapie à l'iode 131 peut être proposé dans certains cas. En administrant l’iode radioactif, l’objectif est de détruire les éventuels résidus de cellules cancéreuses qui auraient pu échapper à la chirurgie. Il s'administre par voie orale sous forme de gélule ou de solution liquide, en hospitalisation dans une chambre dite « radioprotégée », pour protéger votre entourage.
Un traitement hormonal indispensable après un cancer de la thyroïde
Après une ablation totale de la thyroïde, le patient ne peut plus produire ses hormones thyroïdiennes. Un traitement de substitution avec la forme de synthèse de l’hormone T4 est donc prescrit à vie, en une prise quotidienne à jeun.
Ce traitement permet de :
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Compenser l'absence de thyroïde et maintenir votre équilibre hormonal pour préserver vos fonctions cardiaque, métabolique, osseuse et cognitive.
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Maintenir la TSH à un niveau bas, afin de réduire le risque de récidive du cancer. En effet, des cellules thyroïdiennes à risque se développent de manière maligne à cause de la TSH.
La dose est ajustée régulièrement par votre endocrinologue en fonction des résultats de vos bilans sanguins, réalisés en prévision de vos consultations de suivi. Ces dernières sont indispensables pour détecter toute récidive de manière précoce.