A l'approche de la ménopause, comment préserver votre thyroïde ?

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La glande thyroïde est essentielle pour le bon fonctionnement du corps, quel que soit l'âge. Mais chez les femmes, la ménopause lui fait courir certains risques. Pourquoi et comment les prévenir ? Explications.

 

Thyroïde : pourquoi est-elle fragilisée par la ménopause ?

La thyroïde est une petite glande en forme de papillon, située à la base du cou. Elle produit deux hormones essentielles (la T3 et la T4) dont le rôle esdt de réguler le métabolisme, la température corporelle, le rythme cardiaque, l'humeur, le poids et l'énergie. La thyroïde contribue ainsi à un nombre considérable de fonctions vitales.

Son activité est régulée par l'hypophyse, qui sécrète la TSH. Quand la thyroïde ralentit, la TSH monte pour la stimuler davantage. C'est ce signal que les médecins prennent en compte pour évaluer votre santé thyroïdienne. Sauf qu’avec la ménopause, la chute des œstrogènes modifie l'environnement hormonal de tout l'organisme, thyroïde comprise. La glande devient moins réactive à la TSH, ce qui favorise la survenue d'une hypothyroïdie. Par ailleurs, la thyroïdite atrophique (une forme de thyroïdite auto-immune touchant la thyroïde) s'observe essentiellement chez la femme après la ménopause.

Le problème est que les symptômes d'une hypothyroïdie (fatigue, prise de poids, frilosité, chute de cheveux, troubles du sommeil) ressemblent à ceux de la ménopause. Conséquence : le diagnostic plus difficile retarde souvent la prise en charge. Or, une hypothyroïdie non traitée augmente notamment le risque cardiovasculaire, qui est déjà plus élevé après la ménopause.

 

Comment prendre soin de votre thyroïde avant la ménopause ?

Bonne nouvelle, Mesdames : plusieurs habitudes de vie permettent de protéger votre thyroïde et de réduire le risque de dysfonctionnement à l'approche de cette période charnière.

 

#1 Évitez l'exposition aux perturbateurs endocriniens

Ces substances chimiques imitent, bloquent ou dérèglent l'action de nos hormones, dont celle de la thyroïde. Elles peuvent alors empêcher la fixation de l'iode dans la glande, gêner le transport des hormones thyroïdiennes ou activer à tort leurs récepteurs.

On retrouve les perturbateurs endocriniens dans de nombreux produits du quotidien : fruits et légumes contaminés par des pesticides, certains plastiques à cause du bisphénol A présent dans les emballages alimentaires, certains cosmétiques, contenant des parabènes et des phtalates, ou encore les revêtements antiadhésifs.

L'Union européenne a interdit plusieurs de ces substances, comme le bisphénol A dans les contenants alimentaires, ainsi que plusieurs pesticides dangereux. Pourtant, des résidus persistent dans l'environnement et dans certains produits importés en dehors de l’Union européenne. Pour les limiter au quotidien, privilégiez les aliments bio, les emballages en verre ou en inox et les cosmétiques sans parabènes ni phtalates.

 

#2 Consommez des aliments riches en iode

L'iode est indispensable pour stimuler la thyroïde. C'est l'oligo-élément à partir duquel elle fabrique ses hormones T3 et T4. Une carence en iode peut conduire à une hypothyroïdie ou au développement d'un goître. Les apports journaliers recommandés chez l'adulte sont de 150 microgrammes par jour.

Les meilleures sources alimentaires d'iode sont :

  • Les poissons : morue, cabillaud, haddock, lieu, saumon, thon ;

  • Les fruits de mer et crustacés : huîtres, crevettes, moules ;

  • Les algues (à consommer avec modération car leur teneur en iode est très variable et parfois excessive ;

  • Les produits laitiers : lait, yaourts, fromages ;

  • Les œufs.

Essayez de consommer du poisson ou des fruits de mer 2 fois par semaine pour maintenir des apports suffisants.

 

#3 Assurez-vous d'avoir des apports suffisants en vitamine D

Cette vitamine joue un rôle important dans le bon fonctionnement de la thyroïde. Un déficit en vitamine D est associé à un risque accru d'hypothyroïdie et peut aggraver les symptômes des dysfonctionnements thyroïdiens.

Pour en obtenir naturellement : exposez-vous à la lumière solaire de façon raisonnable (au moins 15 à 20 minutes par jour) et consommez des aliments qui en contiennent, comme les poissons gras (saumon, maquereau, sardines), les œufs et les produits laitiers enrichis.
Le déficit en vitamine D est fréquent en France, notamment en hiver. Une supplémentation peut être envisagée, mais uniquement sur prescription médicale.

 

#4 Arrêtez de fumer

Le tabac perturbe la fonction thyroïdienne. La fumée de cigarette contient des thiocyanates : des substances qui bloquent la recapture de l'iode par la thyroïde. Résultat, la thyroïde ne peut plus fabriquer ses hormones correctement et tente de compenser en augmentant son volume, ce qui peut favoriser le développement d'un goître.

Le tabagisme est également associé à un risque accru de maladie de Basedow et aggrave les symptômes de l'hypothyroïdie. Heureusement, les taux hormonaux reviennent rapidement à la normale dès l'arrêt du tabac. Il n'est jamais trop tard pour arrêter !

 

#5 Vérifiez votre taux de TSH régulièrement grâce à une prise de sang

La TSH est le marqueur de référence pour évaluer le fonctionnement de la thyroïde. Un simple dosage sanguin suffit à déceler un dysfonctionnement, souvent avant l'apparition de symptômes.

Les valeurs normales de TSH se situent généralement entre 0,4 et 4 mUI/L chez l'adulte. Une TSH supérieure à 4 mUI/L penche en faveur d’une hypothyroïdie. Une TSH inférieure à 0,03 mUI/L est révélatrice d'une hyperthyroïdie.

La Haute autorité de santé (HAS) recommande d’effectuer un dosage de la TSH au moment de la ménopause, puis chaque année en cas de trouble thyroïdien identifié. Si un traitement hormonal de la ménopause est envisagé, un contrôle de la TSH est préconisé à la mise en place du traitement puis 6 semaines après son instauration, car les œstrogènes pris par voie orale peuvent modifier les taux d'hormones thyroïdiennes.

Parlez-en à votre médecin !