Dépression hivernale : quand le manque de lumière fait souffrir

Dépression hivernal
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La dépression hivernale ou saisonnière, souvent mal diagnostiquée, varie d’une région à l’autre. Si certains de ses symptômes rappellent la dépression « classique », c’est bien sûr son caractère saisonnier qui la définit surtout. Et le plus sûr moyen de la soigner est aussi le plus naturel. Explications. 

 

Qu’est-ce que la dépression hivernale ?

Également appelée dépression saisonnière ou trouble affectif saisonnier (TAS), la dépression hivernale peut se définir, en partie, par son nom. En effet, elle survient durant la période dite sombre, soit au moment de l’automne et de l’hiver, lorsque la lumière naturelle baisse.  

 

En France, près d’une personne sur 10 souffre de ce trouble réparti inégalement sur le territoire : il se retrouve majoritairement dans les régions du Nord et touche des individus peu exposés à la lumière naturelle dans le cadre de leur travail, ou sortant peu. Les femmes s’avèrent davantage prédisposées que les hommes au TAS. 

 

Dépression hivernale, blues hivernal ou dépression ?

La dépression hivernale ne doit pas être confondue avec le blues hivernal qui, lui, est passager avec des symptômes légers : perte d’énergie, changements d’humeur et envies de consommer du sucre qui n’empêchent pas de poursuivre normalement son activité professionnelle.  

 

La dépression saisonnière ne saurait être prise non plus pour une dépression « classique », bien que ces deux troubles présentent de nombreux points communs : tristesse, apparition d’idées noires voire morbides, perte d’envie et de motivation et difficultés à prendre des décisions.

 

Ces deux troubles dépressifs majeurs peuvent néanmoins facilement se différencier : alors que la « dépression classique » entraîne généralement une perte d’appétit, de poids et une diminution de la durée du sommeil, le TAS, à l’inverse, tend à provoquer une augmentation de l’appétit, une prise de poids et une augmentation de l’envie de dormir. 

 

Dépression hivernale : pourquoi ?

Le principal critère pour reconnaître une dépression hivernale est la saisonnalité des symptômes : les premiers d’entre eux apparaissent lorsque les jours commencent à diminuer et s’atténuent lorsque le printemps revient. Plus le temps est mauvais, et plus l’épisode dépressif s’installe rapidement.

 

D’un point de vue métabolique, ces changements radicaux d’humeur correspondent à un dysfonctionnement de l’horloge biologique interne à l’arrivée de l’automne. Ici, le noyau suprachiasmatique de l’hypothalamus, une petite zone du cerveau, sécrète trop tôt de la mélatonine (l’hormone dite du sommeil, produite lorsque la nuit tombe), provoquant du coup un décalage des rythmes circadiens, et donc un déséquilibre hormonal. C’est cela qui provoque fatigue, tristesse et démotivation. Ce déséquilibre est d’autant plus prononcé en cas de carence en vitamine D, qui survient souvent en hiver… La source principale de vitamine D étant la lumière naturelle émanant du soleil. 

 

Dépression hivernale : comment la soigner ? 

Contrairement à la dépression « classique » qui se soigne surtout à l’aide d’antidépresseurs, le traitement de la dépression hivernale repose essentiellement sur un traitement naturel et particulièrement efficace : la luminothérapie. Cette dernière intervient directement sur les rythmes circadiens, en rectifiant leur décalage et donc, en corrigeant la sécrétion nocturne de mélatonine. 

 

Mais pour profiter des bienfaits de la luminothérapie, certaines conditions doivent être réunies : l’exposition se déroule à heure fixe, idéalement tôt le matin, durant une demie heure environ. De plus, l’intensité lumineuse ne doit pas dépasser 10 000 lux. En France, la durée des cures annuelles de luminothérapie est généralement d’une quinzaine de jours, quand les Nord-Américains l’étendent à l’hiver entier. Plusieurs études, dont une menée au CHU de Lille, confirment l’efficacité de la luminothérapie sur la dépression hivernale : une très faible minorité de patients subissent une rechute pendant l’hiver. 

 

Si les symptômes de la dépression saisonnière persistent ou sont particulièrement prononcés malgré la luminothérapie, le médecin pourra prescrire un traitement à base d’antidépresseurs, complété par un suivi psychiatrique ou psychologique. Mais contrairement à la cure de lumière naturelle, ces médicaments présentent de nombreux risques d’effets secondaires et le mieux-être survient généralement à partir de deux semaines. 

 

On résume… Plus répandue qu’on ne l’imagine, la dépression hivernale correspond à un trouble dépressif majeur et saisonnier, dont les symptômes de mal-être, de tristesse et de perte de motivation s’avèrent aussi handicapants qu’une dépression « classique ». Heureusement, la luminothérapie reste le moyen le plus efficace et naturel de soigner la dépression hivernale, en attendant le rallongement des jours. 

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