Contre le paludisme en voyage, quels traitements préventifs choisir ?

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Paludisme
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Vous devez bientôt voyager dans un pays où sévit le paludisme ? Découvrez les différents traitements préventifs existants, afin de choisir avec votre médecin le plus adapté à votre cas.   

 

Qu'est-ce que le paludisme et dans quels pays le trouve-t-on ?

Le paludisme, aussi appelé malaria, est une maladie parasitaire grave transmise par la piqûre d'un moustique infecté. Le parasite responsable, du genre Plasmodium, colonise le foie puis les globules rouges, provoquant des symptômes souvent violents : 

  • Fièvre élevée ; 

  • Frissons intenses ; 

  • Maux de tête ; 

  • Douleurs musculaires ; 

  • Vomissements. 
    Sans traitement rapide, le paludisme peut évoluer vers des formes graves, parfois mortelles chez les plus fragiles. Cette maladie reste endémique dans de nombreuses régions du monde. L'Afrique subsaharienne concentre la majorité des cas, mais la maladie touche également d’autres zones : 

  • Asie du Sud-Est ; 

  • Amérique latine (Amazonie notamment) ; 

  • Moyen-Orient ;

  • Océanie. 
    Chaque année, des millions de personnes sont infectées, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les voyageurs non immunisés représentent une population particulièrement à risque.
    Avant tout voyage dans ces zones, il est impératif de consulter votre médecin ou un centre de vaccination international. Cette consultation doit idéalement avoir lieu 4 à 6 semaines avant votre départ, afin de vous permettre de débuter le traitement préventif adapté au bon moment.

 

Paludisme : les traitements préventifs possibles

Attention, aucun traitement préventif ne garantit une protection à 100% contre le paludisme. C'est pourquoi il doit toujours être associé à des mesures de protection contre les piqûres de moustiques. Le choix du traitement repose sur plusieurs critères : votre destination, la durée de votre séjour, votre état de santé, vos antécédents médicaux et votre tolérance aux médicaments.
Une consultation médicale est indispensable avant le départ pour évaluer ces facteurs et vous prescrire le traitement le plus adapté. Trois molécules sont principalement utilisées en France pour la prévention du paludisme. 

 

#1 L'association atovaquone et proguanil

Ce traitement est commercialisé sous le nom de Malarone® ou en version générique. Il associe deux molécules antiparasitaires qui agissent conjointement pour bloquer la multiplication du parasite dans l'organisme.
Vous devez prendre un comprimé par jour, à heure fixe, pendant le repas. Le traitement débute la veille ou le jour du départ et se poursuit pendant toute la durée du séjour, puis 7 jours après votre retour. 
Ce médicament est déconseillé en cas d'insuffisance rénale sévère, chez la femme enceinte (sauf avis médical spécifique) et chez l'enfant de moins de 11 kg. Il est généralement bien toléré. Ses effets indésirables possibles sont des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées), des maux de tête, des rêves anormaux ou des insomnies. Ces effets restent généralement légers et transitoires.

 

#2 Le monohydrate ou l'hyclate de Doxycycline

La Doxycycline est un antibiotique de la famille des cyclines. Elle est utilisée en prévention du paludisme dans certaines zones à risque, notamment en Asie du Sud-Est où des résistances à d'autres traitements ont été observées.
Vous devez prendre un comprimé par jour au cours d'un repas, toujours avec un grand verre d'eau. Le traitement commence la veille du départ et se poursuit pendant tout le séjour, puis 4 semaines après le retour. 
La Doxycycline est contre-indiquée chez les enfants de moins de 8 ans, chez la femme enceinte et qui allaite. Elle est également déconseillée en cas d'allergie aux cyclines ou d'antécédents de photosensibilité.
Parmi ses effets indésirables, on note principalement : 

  • une photosensibilisation cutanée, c'est-à dire l’apparition de coups de soleil rapides et sévères même avec une exposition modérée au soleil. Une protection solaire maximale est donc indispensable si vous optez pour ce traitement.

  • des troubles digestifs (nausées, douleurs abdominales) ;

  • des candidoses (mycoses) ;

  • des réactions cutanées allergiques.

 

#3 La méfloquine

La méfloquine, commercialisée sous le nom de Lariam®, est un antipaludéen de la famille des amino-4-quinoléines. Elle est réservée aux zones où le paludisme est particulièrement présent et où les autres traitements ne conviennent pas ou sont contre-indiqués.
Vous devez prendre un comprimé par semaine, à prendre le même jour chaque semaine, au cours d'un repas. Le traitement débute au moins 10 jours avant le départ (idéalement 2 à 3 semaines pour tester votre tolérance), se poursuit pendant le séjour, puis 4 semaines après le retour.
La méfloquine est contre-indiquée en cas d'antécédents de troubles psychiatriques (dépression, troubles anxieux, psychose), de troubles neurologiques (épilepsie notamment) ou de troubles cardiaques graves. Elle est également déconseillée chez les personnes exerçant des activités nécessitant une vigilance accrue (conduite de véhicules, pilotage). 
Ce traitement présente en général des effets secondaires plus forts que les autres : 

  • Troubles neuropsychiatriques : vertiges, anxiété, cauchemars, confusion, hallucinations, dépression ; 

  • Troubles digestifs : nausées, vomissements ; 

  • Troubles cardiaques tels que des palpitations ou tachycardie

En raison de ces risques, ce traitement n'est prescrit que lorsque les autres ne sont pas possibles.

 

Paludisme : l'importance de vous protéger des piqûres de moustiques

Le traitement médicamenteux seul ne suffit pas : la protection contre les piqûres de moustiques est indissociable du traitement antipaludéen. Le moustique porteur du paludisme pique principalement entre le coucher et le lever du soleil.
Adoptez les mesures suivantes si vous voyagez dans un pays à risque :

  • Portez des vêtements longs, amples et couvrants dès la tombée de la nuit : pantalons, chemises ou tee-shirts à manches longues, chaussettes... Privilégiez des vêtements clairs car les moustiques sont attirés par les couleurs sombres.

  • Dormez sous une moustiquaire bien bordée sous le matelas. Vérifiez qu'elle ne comporte pas de trous et qu'elle est correctement installée avant la nuit.

  • Climatisez les pièces lorsque c'est possible : les moustiques sont moins actifs dans les environnements frais et ventilés.

  • Évitez les zones à proximité d’eaux stagnantes, même de petite étendue : elles constituent des lieux de reproduction privilégiés pour les moustiques. Ne campez pas à proximité de marécages ou de zones humides.

  • L’utilisation d’un répulsif anti-moustique est possible, mais risquée en raison des substances toxiques que la plupart de ces produits comporte. Demandez conseil à votre médecin avant de faire votre choix.
    En cas de fièvre pendant ou après votre voyage, consultez immédiatement un médecin, même si vous avez pris un traitement préventif.