Lorsqu'on essaye de concevoir un bébé et qu'il tarde à venir, un certain nombre d'examens doivent être effectués. Quels sont-ils pour les femmes ? Description.
Examens de fertilité ou bilan de fertilité : qu'est-ce que c'est ?
Un bilan de fertilité est un ensemble d'examens médicaux qui a pour objectif d'explorer au sein d’un couple les causes possibles d'une difficulté à concevoir un bébé. Ce bilan est personnalisé et évolue progressivement, en s’adaptant à votre situation. Si vous êtes une femme, il peut donc aussi bien explorer votre fonctionnement hormonal, que l'état de santé de vos ovaires, de votre utérus, des trompes de Fallope et plus largement, de tout ce qui peut représenter un frein à la conception.
Ce bilan n'est jamais uniquement féminin. La fertilité concerne forcément les deux membres du couple et les examens de la femme se font toujours en parallèle de ceux de son partenaire masculin.
Ainsi, le spermogramme analysera la quantité, la morphologie et la mobilité des spermatozoïdes. Les résultats de cet examen pour votre partenaire orienteront la suite de votre bilan de fertilité. Si une anomalie est identifiée, vous n’aurez pas nécessairement à passer certains examens pourtant compris dans le bilan de fertilité féminin. En résumé, votre médecin prend toujours en compte les deux bilans ensemble pour proposer la prise en charge la plus adaptée.
Bilan de fertilité chez la femme : quand doit-il avoir lieu ?
Le moment idéal pour consulter votre gynécologue dépend de votre âge et du contexte médical :
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Après 12 mois d'essais : c'est le délai de référence recommandé pour un couple sans antécédent particulier, au sein duquel la femme a moins de 35 ans.
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Après 6 mois d’essais si vous avez plus de 35 ans car la réserve ovarienne diminue naturellement passé cet âge.
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Sans attendre en cas de maladie gynécologique connue ou suspectée : endométriose, syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), antécédents d'infection pelvienne, irrégularités du cycle, absence de règles, antécédents de chirurgie pelvienne… Ou bien sûr, si une anomalie ou suspicion de trouble est connu chez votre partenaire (en cas de cryptorchidie ou testicule non descendu durant son enfance, par exemple).
Fertilité des femmes : qu'est-ce qui peut la perturber ?
De nombreux facteurs peuvent affecter votre fertilité si vous êtes une femme :
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Les troubles de l'ovulation : ils représentent environ un tiers des causes d'infertilité féminine, d’après l’Inserm. Le SOPK est la cause la plus fréquente.
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L'endométriose est présente chez 20 à 50 % des femmes souffrant d’infertilité : elle peut altérer la qualité des ovocytes ou empêcher la migration des spermatozoïdes, notamment.
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Une obstruction ou lésion des trompes de Fallope, souvent secondaire à des infections à Chlamydia ou à d'autres infections sexuellement transmissibles.
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Les anomalies utérines : fibromes, polypes, malformations congénitales ou synéchies (adhérences intra-utérines).
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La baisse de la réserve ovarienne : naturelle avec l'âge, mais pouvant être précoce ou résulter de précédentes chirurgies ovariennes ou de maladies auto-immunes.
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Les troubles de la thyroïde : une hypothyroïdie ou une hyperthyroïdie non traitée peut perturber le cycle menstruel.
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Des facteurs environnementaux : le tabagisme, l’obésité ou au contraire l’insuffisance pondérale, le stress chronique, une consommation excessive d'alcool ou de toxiques.
Les examens du bilan de fertilité de la femme
Ce bilan est prescrit et pratiqué par un gynécologue spécialisé en fertilité. Tous ces examens ne sont pas systématiquement réalisés : tout dépend de vos antécédents, de vos symptômes, de votre âge et des résultats obtenus par votre compagnon ou conjoint lors de son propre bilan, en particulier le spermogramme.
La prise de sang
Elle est réalisée en laboratoire, généralement entre le 2e et le 5e jour du cycle menstruel. Vous n'avez pas besoin d'être à jeun pour la grande majorité des dosages.
Les taux d’hormones analysés permettent d'explorer plusieurs aspects de votre fertilité :
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La FSH (hormone folliculo-stimulante) et la LH (hormone lutéinisante), pour évaluer le fonctionnement de l'hypophyse où se joue la régulation de l'ovulation.
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L’estradiol, pour mesurer l'activité ovarienne en début de cycle.
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La progestérone, évaluée en deuxième partie de cycle, lors d’un second bilan sanguin, pour confirmer qu'une ovulation a bien eu lieu.
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L’AMH (hormone anti-müllérienne). C’est le marqueur de référence de la réserve ovarienne, c'est-à-dire du stock de follicules restants dans les ovaires. Un taux bas indique une réserve diminuée.
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La TSH, pour évaluer le fonctionnement de la thyroïde, dont les anomalies peuvent perturber le cycle.
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La prolactine. Un excès peut empêcher l'ovulation.
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Des sérologies infectieuses : autrement dit, l’évaluation de différents marqueurs impliqués dans le VIH, les hépatites B et C, la syphilis, la rubéole, la toxoplasmose, la varicelle, la Chlamydia… Ces dépistages sont systématiques avant toute prise en charge en procréation médicalement assistée ou PMA.
L'échographie abdomino-pelvienne par voie endovaginale
Cet examen est généralement réalisé entre le 2e et le 5e jour du cycle, en même temps que la prise de sang. Elle est effectuée par voie endovaginale : une sonde fine, munie d'une protection à usage unique, est introduite dans votre vagin. Cet examen peut surprendre si vous ne l'avez jamais passé, mais il est indolore dans la grande majorité des cas. D’autant plus que la lubrification du préservatif permet une introduction plus en douceur. Votre médecin doit vous expliquer ce qu'il fait avant chaque geste et surtout, s'assurer de votre consentement en amont de l’examen. N'hésitez pas à poser vos questions et à lui faire part de tout inconfort ou douleur.
L'échographie endovaginale a pour but :
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De compter les follicules dans chaque ovaire afin d’en savoir plus sur votre réserve ovarienne.
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De mesurer le volume des ovaires.
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De rechercher des anomalies ovariennes ou utérines : kystes, lésions d'endométriose sur un ovaire, SOPK, fibromes, polypes, malformations…
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D'évaluer la régularité et l’épaisseur de l'endomètre : la muqueuse située à l’intérieur de l'utérus.
L'hystérosalpingographie et l'hystéroscopie
Ces deux examens servent à explorer l'utérus et les trompes de Fallope : L'hystérosalpingographie est un examen radiologique réalisé en cabinet ou à l'hôpital, entre le 7e et le 12e jour du cycle.
Un produit de contraste est injecté dans l'utérus à travers le col, ce qui permet de visualiser la cavité utérine et les trompes. Ainsi, il devient possible de détecter une éventuelle obstruction des trompes, l’une des causes les plus courantes d'infertilité, mais aussi des anomalies de la cavité utérine comme un polype ou un fibrome.
L'examen dure environ 30 minutes. Vous pouvez ressentir un inconfort similaire à des règles douloureuses : bien que ce soit généralement bien supporté, n’hésitez pas à prendre un antalgique au moins 30 minutes avant l’examen pour plus de confort. De petites pertes de sang sont possibles les jours suivants, comme après un frottis.
L'hystéroscopie est un examen réalisé par voie vaginale. Il consiste en l’introduction d’un fin tube muni d'une caméra dans l'utérus, ce qui permet à votre gynécologue de visualiser directement la cavité utérine et l'endomètre. Cet examen est prescrit lorsqu'une anomalie de la cavité utérine est suspectée à l’échographie.
La cœlioscopie abdomino-pelvienne
Considéré comme un acte chirurgical, la coelioscopie et se réalise sous anesthésie générale, en ambulatoire la plupart du temps. Après une petite incision au niveau du nombril, une mini-caméra est introduite dans l'abdomen, afin de visualiser directement les organes pelviens : ovaires, trompes, utérus, péritoine. C'est l'examen le plus précis pour diagnostiquer une endométriose pelvienne profonde, des adhérences formées à la suite d’une infection ou des anomalies des trompes qui n’auraient pas été suffisamment visibles à l'hystérosalpingographie.
La coelioscopie est réservée aux situations où les premiers examens s’avèrent insuffisants pour confirmer un diagnostic ou en présence d’une lésion sur laquelle le chirurgien gynécologue va pouvoir agir directement durant l’intervention : libération d'adhérences, retrait de lésions d’endométriose... Après l’intervention, vous pourrez rentrer chez vous dans la journée ou le lendemain.
D'autres examens possibles en fonction de votre situation
En complément des examens précédents, plusieurs autres explorations peuvent être prescrites si votre gynécologue l’estime nécessaire :
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La biopsie de l'endomètre : elle consiste à prélever un petit fragment de votre muqueuse utérine qui sera ensuite analysé. Cet examen est recommandé en cas d'échecs répétés d'implantation après une fécondation in-vitro (FIV) ou pour explorer certaines anomalies de l'endomètre identifiées à l'imagerie.
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Un dosage de la prolactine : même lorsqu'une première prise de sang a été réalisée, un dosage spécifique de la prolactine peut être prescrit en cas de troubles du cycle, de galactorrhée (écoulement de lait par un mamelon en dehors de la grossesse) ou si le premier dosage a été effectué dans des conditions de stress, après un effort, un repas pris juste avant le prélèvement… autant de situations qui peuvent augmenter ponctuellement votre taux de prolactine.
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L'IRM abdomino-pelvienne, lorsqu'une endométriose profonde est suspectée ou pour explorer des anomalies utérines complexes que l'échographie n'a pas suffi à clairement montrer. Cet examen permet d’obtenir tous les détails nécessaires sur d’éventuelles lésions pelviennes.
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Le caryotype : cet examen analyse les chromosomes à partir d'une simple prise de sang. Il est proposé en cas d'échecs répétés de FIV, d’arrêts spontanés de grossesse (fausses couches) à répétition ou lorsqu'une anomalie chromosomique est suspectée.
Une fois votre bilan de fertilité réalisé, votre gynécologue pourra mieux vous expliquer la ou les causes qui vous empêchent de concevoir un bébé. Ensuite, il pourra vous présenter toutes les options de PMA (stimulation ovarienne, insémination artificielle, fécondation in vitro…) adaptées à votre situation que vous pourrez envisager.