Eczéma : de nouveaux traitements suscitent l’espoir des patients

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Eczéma
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L'eczéma est une maladie dermatologique chronique fréquente et handicapante. C'est la raison pour laquelle les recherches scientifiques sont continuellement à l'œuvre pour développer de nouveaux traitements. 

 

Quels sont les traitements classiques de l'eczéma ?

L’eczéma atopique, appelé aussi dermatite atopique, est une maladie inflammatoire chronique de la peau. Devenue très sèche, celle-ci ne joue plus son rôle protecteur et des lésions inflammatoires apparaissent, accompagnées de démangeaisons. 


La prise en charge classique de l’eczéma repose classiquement sur deux types de traitements :

  • Les émollients : appliqués chaque jour sur tout le corps sous forme de crèmes ou de lotions, ils restaurent la fonction de barrière protectrice de la peau, tout en limitant les poussées. 

  • Les dermocorticoïdes : ces crèmes ou pommades à base de cortisone ne guérissent pas la maladie, mais elles soulagent les rougeurs et les démangeaisons en réduisant l'inflammation.

D'autres options existent en cas de résultats insuffisants, notamment l’administration d’un immunomodulateur local, sous forme de pommade, prescrit par un dermatologue. Ce traitement est réservé à l'adolescent de plus de 16 ans et à l'adulte. A noter enfin que la photothérapie est parfois proposée dans les formes étendues d’eczéma.

 


 Quels sont les nouveaux traitements pour traiter l'eczéma ?

Ces dernières années, de nouveaux traitements de l’eczéma ont vu le jour. La dermatite atopique est fréquente et détériore considérablement la qualité de vie, la recherche reste donc mobilisée pour répondre aux attentes des patients. 

 

Des traitements par biothérapie

Les biothérapies sont des anticorps monoclonaux, des protéines fabriquées en laboratoire pour imiter l’action des anticorps. Ces derniers sont administrés par injection sous la peau. Elles ciblent avec précision des molécules responsables de l'inflammation, sans agir sur le reste de l’environnement. Elles sont réservées aux formes modérées à sévères insuffisamment contrôlées par les traitements classiques.
Le premier médicament de cette catégorie est le dupilumab. Il bloque simultanément plusieurs éléments directement responsables de l’inflammation à l’œuvre dans l’eczéma. Son efficacité a été établie par plusieurs essais cliniques publiés dans le New England Journal of Medicine en 2016. Fort de ces données, le dupilumab a obtenu son autorisation de mise sur le marché européenne en septembre 201, ce qui fait de lui la première biothérapie disponible en cas d’eczéma sévère. Il s'administre toutes les deux semaines. 
Le tralokinumab cible de son côté spécifiquement une anomalie inflammatoire précise dans la survenue des poussées. Son efficacité a été documentée par deux essais cliniques publiés dans le British Journal of Dermatology en 2021. À la 16e semaine du dernier essai, une amélioration de 75 % des lésions a été relatée, contre 11,4 % sous placebo. 

 

Les médicaments anti-JAK

Les inhibiteurs de Janus kinases, ou médicaments anti-JAK, constituent l’autre avancée majeure des dernières années. Ici, les molécules qui les composent bloquent les Janus kinases, des enzymes spécifiques qui transmettent les signaux inflammatoires à l’organisme et provoquent donc la réaction cutanée de l’eczéma. En interrompant cette transmission de signaux, le traitement permet donc de réduire l'inflammation rapidement. Grand avantage, ils se présentent sous forme de comprimés à avaler. 
Trois molécules ont été autorisées sur le marché, ciblant l’eczéma modéré à sévère : 

  • Le baricitinib dont l’efficacité a été démontrée dans plusieurs essais cliniques publiés dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology en 2020. 

  • Suivi de l'upadacitinib en 2021 

  • Puis de l'abrocitinib depuis mars 2022. Ce dernier a fait l’objet d’une méta-analyse d'essais cliniques publiée dans Pharmaceutics en 2023.

Notez que la Haute Autorité de santé (HAS) française a mené une réévaluation de ces trois traitements en octobre 2023 et demande aux professionnels de santé qui les prescrivent d’instaurer une surveillance médicale régulière de leurs patients concernés. 

 

Les derniers médicaments disponibles

La recherche continue de progresser. D’autres médicaments viennent de sortir sur le marché ou sont attendus très prochainement. Parmi eux : 

  • Le némolizumab (Nemluvio). Cet anticorps monoclonal se distingue par son mécanisme, puisqu’il cible spécifiquement le récepteur de l'interleukine-31, une molécule clé dans le processus des démangeaisons. En bloquant ce signal, le produit agit directement sur ces dernières. Son efficacité dans la dermatite atopique a été démontrée dans deux essais cliniques dont les résultats ont été publiés dans la célèbre revue scientifique The Lancet, en août 2024. Ils ont tous deux mis en avant une réduction significative de la sévérité des lésions et des démangeaisons. Le némolizumab a obtenu son autorisation de mise sur le marché en juillet 2025 pour traiter la dermatite atopique modérée à sévère de l'adulte et de l'adolescent de 12 ans et plus, mais il peut uniquement être prescrit par un dermatologue. Le médicament se présente sous forme de stylo prérempli à injecter en sous-cutané : une première dose de 60 mg, suivie de 30 mg toutes les 4 semaines. Après 16 semaines de traitement, s’il est efficace, vous pourrez vous injecter 30 mg toutes les 8 semaines.

  • L'amlitelimab est également un anticorps monoclonal. Il cible quant à lui un régulateur immunitaire spécifique en bloquant le signal inflammatoire dès qu’il se manifeste, sans détruire les lymphocytes T qui jouent également un rôle dans la réaction immunitaire. Ce mécanisme est inédit pour traiter l’eczéma. Les données du dernier essai clinique en cours sont récentes (janvier 2026) et encourageantes. En effet, les résultats soulignent une amélioration significative de la sévérité de la maladie chez des patients de 12 ans et plus. Ces données ont été officiellement présentées en mars 2026 lors de la réunion annuelle de l'American Academy of Dermatology. Avantage non négligeable (mais encore à démontrer officiellement) : son efficacité augmenterait au fil du temps. Ce médicament n'est pas encore disponible. Deux études cliniques supplémentaires doivent encore publier leurs résultats avant la phase d’évaluation par les agences du médicament à travers le monde. A suivre !