La varicelle est une maladie virale bien connue du grand public, le plus souvent associée à la petite enfance, et pourtant, plusieurs idées reçues continuent à circuler à son sujet. Faisons le point.
Qu’est-ce que la varicelle ?
La varicelle est une infection provoquée par le virus varicelle-zona, qui appartient au groupe des herpès-virus. Très fréquente et très contagieuse, elle concerne principalement les enfants (près de 66% des cas survenus chez des enfants âgés de 1 à 4 ans en 2022, d’après l’Assurance maladie) sous forme de pics épidémiques, en particulier au printemps et au début de l’été. Elle est reconnaissable à l’irruption cutanée de vésicules sur l’ensemble du corps.
9 idées reçues sur le varicelle : le vrai du faux !
#1 La varicelle ne concerne que les enfants
C’est faux : bien qu’elle soit plus fréquente chez les petits, elle peut également atteindre des sujets plus âgés, avec des risques élevés de contracter une forme grave ou des complications. Ainsi, en 2022, 2,5% des personnes atteintes de varicelle avaient plus de 15 ans (source : Assurance maladie). Parmi ces personnes, tous les âges sont concernés, y compris les femmes enceintes, particulièrement vulnérables face à cette maladie.
#2 La varicelle n’est contagieuse que lorsque les boutons sont apparus
Encore faux : la varicelle est contagieuse 24 à 48 heures avant l’apparition des rougeurs et le reste jusqu’à ce que les vésicules ou bulles soient sèches et forment une croûte.
La transmission du virus peut s’effectuer par :
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Contact direct avec les vésicules cutanées et présentes sur les muqueuses.
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Inhalation des gouttelettes de salive émises par une personne malade, y compris 2 jours avant l’éruption cutanée.
Notez aussi qu’une femme enceinte non immunisée peut contracter la varicelle et la transmettre à son bébé in utero, par voie transplacentaire.
#3 Les boutons n’apparaissent que sur certaines parties du corps
En réalité, l’ampleur de l’éruption cutanée est variable d’un individu à l’autre. Chez certains enfants, quelques vésicules seulement peuvent apparaître sur certaines parties du corps, tandis que chez d’autres, elles peuvent recouvrir tout le corps. Dans tous les cas, l’éruption se fait progressivement, atteignant certaines zones en premier avant de se propager, si tel est le cas. En revanche, la plante des pieds et la paume des mains sont épargnées.
#4 Le virus de la varicelle disparaît de l’organisme une fois guérie
Malheureusement, même en étant immunisé contre la varicelle, le virus ne disparaît pas complètement de l’organisme. Il reste présent en petite quantité au niveau des ganglions nerveux. Chez 15 à 20% des personnes (source : Assurance maladie), il peut même se réactiver au niveau des nerfs de la peau. Il prend alors la forme d’une autre infection appelée zona.
#5 La varicelle est une maladie bénigne
Chez les enfants, la varicelle est bénigne dans la grande majorité des cas. Toutefois, elle peut s’avérer grave chez des enfants au système immunitaire affaibli et chez les adultes :
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Surinfections cutanées par un staphylocoque ou un streptocoque ;
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Impétigo ;
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Pneumonie ;
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Pneumopathie virale, en particulier chez la femme enceinte et le nourrisson ;
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Une chute du taux de plaquettes sanguines, avec apparition d’un purpura ;
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Atteinte du cerveau ;
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Contamination du fœtus chez la femme enceinte, en particulier pendant les 4 premiers mois de grossesse et dans les jours qui entourent l’accouchement.
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Si la varicelle se manifeste dans les jours entourant la naissance, le nouveau-né peut contracter une varicelle néonatale très grave, comprenant une éruption cutanée étendue, une atteinte pulmonaire et neurologique (méningite).
#6 Un enfant qui n’a toujours pas eu la varicelle doit côtoyer un camarade qui en est atteint pour l’attraper sans tarder
Cette idée reçue circule largement au sein de la population. Pourtant, il n’est pas recommandé de se contaminer entre enfants. Et pour cause, certains peuvent avoir un système immunitaire affaibli. Ils peuvent également côtoyer des adultes n’ayant pas contracté le virus de la varicelle et chez lesquels l’infection peut être grave. Si votre enfant a la varicelle, il est donc recommandé d’appliquer les gestes barrière afin de protéger toutes les personnes qu’il peut être amené à côtoyer, quel que soit leur âge.
#7 Un enfant atteint de varicelle peut retourner à l’école rapidement
Malgré les difficultés qui peuvent se présenter pour faire garder votre enfant, il n’est pas recommandé de le mettre à l’école (ni, plus largement, en collectivité) tant qu’il est contagieux. Autrement dit, tant que les vésicules ne sont pas toutes sèches ni croûteuses. Il est donc fortement recommandé de trouver une alternative pour garder votre enfant à domicile.
#8 Pas besoin de consulter son médecin en cas de varicelle
Eh bien si, même si cette information est à nuancer : chez les enfants dont la forme de varicelle est bénigne et guérit en une dizaine de jours grâce aux soins prodigués, une consultation médicale est à prévoir sans urgence.
En revanche, consultez dans la journée si :
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Votre enfant atteint de varicelle est âgé de moins de 6 mois.
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Il est atteint d’une maladie de peau chronique comme l’eczéma.
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Votre enfant ou vous-même souffrez d’un déficit immunitaire.
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Vous prenez un traitement de corticoïdes sur le long terme.
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Vous n’avez pas contracté la maladie dans l’enfance et l’un de vos proches est atteint de la varicelle.
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Vous êtes enceinte, vous ne pensez pas être immunisée et avez été en contact avec une personne atteinte de la varicelle.
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Les boutons de varicelle se remplissent de sang, se creusent et une fièvre apparaît.
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Les boutons se remplissent de pus et se creusent.
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Votre enfant ou vous-même êtes atteints de toux.
Enfin, si l’état général de votre enfant atteint par la varicèle se dégrade (confusion, forte fièvre, trouble de l’équilibre), c’est une urgence médicale : contactez le 15 ou le 112.
#9 Il n’y a pas de vaccin contre la varicelle
Faux ! Il existe bien un vaccin contre la varicelle, mais recommandé aux adolescents à partir de 12 ans et aux adultes qui n’ont pas contracté la varicelle pendant l’enfance. Vous pouvez faire une prise de sang pour vérifier la présence de certains anticorps spécifiques. S’ils sont présents, c’est que vous êtes immunisé(e) et n’avez donc pas besoin de vous faire vacciner.
En cas de vaccination, deux doses sont à administrer, avec un espacement de 4 à 8 semaines ou de 6 à 10 semaines, en fonction du vaccin utilisé. Aucun rappel n’est nécessaire.