Subir une fausse couche est une épreuve difficile. Ne restez pas isolée : il est essentiel de vous faire accompagner le mieux possible pour la surmonter.
Qu’est-ce qu’une fausse couche ?
Une fausse couche correspond à l'interruption naturelle d'une grossesse avant la 22e semaine d'aménorrhée (SA). Elle se produit dans environ 15 % des grossesses, rappelle l’Assurance maladie.
On parle de plus en plus d'arrêt spontané de grossesse, une formulation aujourd’hui préférée par de nombreux professionnels de santé et de la périnatalité, mais aussi de parents. Le terme de fausse couche a tendance à masquer une réalité : la grossesse vécue, même brève, est bien réelle.
L’arrêt spontané de grossesse s’explique le plus souvent par une anomalie chromosomique. Cet arrêt a généralement lieu avant 3 mois de grossesse et passe le plus souvent inaperçu. Mais pour la future mère qui le vit en pleine conscience, c’est un deuil à part entière à réaliser avant d’envisager une nouvelle grossesse.
Qui devez-vous consulter après une fausse couche ?
Après un arrêt spontané de grossesse, il est capital de ne pas rester seule dans l’épreuve, laquelle peut être éprouvante tant physiquement que psychologiquement. Plusieurs professionnels sont formés pour vous accompagner et vous aider à surmonter ce qui vous arrive.
Médecins et sage-femmes
En cas d’arrêt spontané de grossesse, un suivi médical est indispensable. Votre médecin traitant ou votre gynécologue est votre premier interlocuteur à consulter. C’est elle ou lui qui confirme l'arrêt de grossesse, surveille d'éventuelles complications et répond à vos questions sur les causes possibles et des grossesses futures.
Si vous avez été prise en charge en milieu hospitalier, un rendez-vous de suivi avec une sage-femme ou l'équipe obstétricale peut vous être proposé. N'hésitez pas à le demander : ces professionnels sont formés pour aborder ces situations avec bienveillance et peuvent vous orienter vers d'autres ressources si nécessaire.
En cas de fausses couches à répétition (trois arrêts spontanés consécutifs ou plus), une consultation dédiée avec un gynécologue spécialisé peut être envisagée afin d’en rechercher la cause.
Psychologue, psychothérapeute ou psychiatre
L'impact émotionnel et psychologique d’une fausse couche est souvent sous-estimé ou méconnu, y compris par l'entourage proche. Pourtant, la douleur et le deuil peuvent être intenses : sentiment de perte, de culpabilité, de vide, questionnements sur l'avenir… Ces émotions sont légitimes, quelle que soit l'avancée de la grossesse.
Consultez un professionnel de la santé mentale : psychologue, psychothérapeute ou psychiatre. Il vous aidera à traverser ce deuil et cette période. Demandez conseil à votre médecin traitant, votre sage-femme ou votre gynécologue, qui peuvent vous orienter vers un professionnel adapté. Certaines maternités disposent également d'un(e) psychologue spécialisé en périnatalité et dans l'accompagnement des deuils liés à la grossesse. N'attendez pas pour demander de l'aide : plus tôt vous serez accompagnée, plus ce soutien sera bénéfique.
Un dispositif d'accompagnement national
Depuis le 1er septembre 2024, la loi prévoit la mise en place dans chaque région d'un parcours dédié à l'arrêt spontané de grossesse. Coordonné par les Agences régionales de santé (ARS), ce parcours associe médecins, sages-femmes et psychologues (hospitaliers et libéraux). Son objectif : mieux informer, orienter et accompagner les femmes concernées, mais aussi leur partenaire, de manière systématique.
Le saviez-vous ? La loi prévoit également un arrêt maladie sans jour de carence dès la survenue de la fausse couche, afin de vous permettre de vous reposer sans délai ni perte financière. Parlez-en à votre médecin.
Après une fausse couche, l’importance du soutien humain
Au-delà du suivi médical ou psychologique, un accompagnement humain est tout aussi précieux. Il peut prendre des formes variées, en fonction de vos besoins. L'essentiel est de trouver ce qui vous correspond.
Des groupes de soutien dédiés
Parler à des femmes et des couples qui ont vécu la même chose peut être d'un grand réconfort. Des groupes de parole et de soutien existent, animés par des professionnels de santé ou des bénévoles eux-mêmes concernés. Ils offrent un espace bienveillant pour exprimer ses ressentis, sans jugement.
Plusieurs associations (comme Agapa ou Spama) accompagnent aussi les parents touchés par le deuil périnatal, à travers des forums en ligne, des rencontres locales ou digitalisées... Ces espaces permettent de rompre l'isolement et de se sentir écoutés et compris par des personnes qui ont traversé la même épreuve.
L'importance de l'entourage
Le soutien de vos proches joue un rôle essentiel dans votre reconstruction, mais il n'est pas toujours facile à appréhender. Par pudeur, maladresse ou méconnaissance, il arrive que l'entourage minimise ou ne saisisse pas bien la portée de la perte, ou qu’il ne sache pas comment réagir.
N'hésitez pas à exprimer clairement vos besoins : être écoutée sans être conseillée, ne pas rester seule ou au contraire avoir du temps pour vous. De son côté, votre partenaire est lui aussi confronté à l’épreuve et peut avoir besoin comme vous d’un accompagnement psychologique. Traverser l’épreuve ensemble, en libérant la parole et les émotions, peut même vous aider à renforcer vos liens de couple.
Quelques conseils pour surmonter une fausse couche
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Autorisez-vous à pleurer, acceptez les émotions qui vous traversent : la tristesse, la colère ou la sensation de vide sont des réactions normales. Les cacher ne fait que retarder le deuil.
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Parlez de votre douleur : parlez-en à un proche de confiance, à un professionnel de santé ou à une association.
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Rappelez-vous que ce n’est pas de votre faute : dans la grande majorité des cas, l’arrêt spontané de grossesse serait survenu quoi qu’il arrive. Une anomalie génétique est en cause la plupart du temps.
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Prenez le temps dont vous avez besoin : il n'y a pas de délai imposé pour aller mieux ou pour envisager une nouvelle grossesse, c’est à votre rythme : écoutez-vous.
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Certaines femmes trouvent du réconfort dans le fait de marquer symboliquement cette perte : planter une fleur, écrire une lettre, allumer une bougie… Ces gestes, quels qu’ils soient, peuvent contribuer à apaiser la douleur.
• Demandez de l'aide sans attendre devant des symptômes de dépression : si vous ressentez une détresse intense, des idées noires ou une incapacité à fonctionner au quotidien. Dans ce cas, consultez rapidement un médecin ou un professionnel de la santé mentale.
Sources & références :
- https://www.ameli.fr/seine-et-marne/assure/sante/devenir-parent/grossesse/difficultes-et-maladies-pendant-la-grossesse/fausse-couche
- https://www.info.gouv.fr/actualite/un-arret-maladie-sans-jour-de-carence-pour-les-fausses-couches
- https://www.caf.fr/allocataires/vies-de-famille/articles/fausse-couche-la-comprendre-pour-mieux-agir