Application mobile bracelet connecté, IA... Les nouvelles technologies sont-elles efficaces contre les ronflements ? Enquête.
Contre les ronflements, quelles sont les dernières technologies ?
Mieux dormir est un véritable enjeu de santé publique. Et rien de tel que des ronflements pour gâcher son sommeil (pour la personne qui ronfle comme pour celle qui partage son lit !). De nombreux acteurs du bien-être l’ont compris en développant divers outils destinés à réduire les ronflements. Ces outils s’appuient majoritairement sur l’intelligence artificielle et plus largement, sur le numérique. Bien sûr, ils ne remplaceront jamais une consultation et un suivi avec un médecin, seul capable de diagnostiquer la présence d’une éventuelle pathologie du sommeil, notamment.
Les objets connectés anti-ronflements
Vous avez sûrement entendu parler des montres ou bracelets connectés qui vous promettent d’analyser votre sommeil, à condition de bien maîtriser les différentes (et nombreuses) données fournies par ces outils ! Ces derniers vous proposent de vous aider à déterminer si vous ronflez et comment vous ronflez : ils sont généralement associés à une application à installer sur votre smartphone, en parallèle de l’utilisation des objets.
Mais l’offre d’objets connectés innovants pour améliorer les ronflements ne cesse d’évoluer. De même que leur prix… ! Avec des résultats très variables d’un utilisateur à l’autre, sans aucune garantie d’efficacité et surtout, sans recommandation médicale. Si vous ronflez, avant d’investir dans l’un d’eux, mieux vaut demander conseil à votre médecin.
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Un oreiller anti-ronflements : il en existe plusieurs formes. La plus innovante (présentée au salon international des innovations connectées CES de Las Vegas en 2020) consiste en un oreiller à mémoire de forme garni de 4 airbags et d’un système de gestion de la pression contrôlé par des capteurs.
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Un matelas connecté : plus précisément, il consiste en un petit coussin à glisser sous votre matelas, puis à brancher. Il va alors pouvoir mesurer vos fréquences cardiaques et respiratoires et détecter vos mouvements. C’est ensuite l’intelligence artificielle intégrée à ce dispositif qui évaluerait votre sommeil et vous transmettrait des recommandations en conséquence.
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Un masque de sommeil connecté conçu en matières légères, dont une partie en silicone munie de valves contenant des capteurs est à positionner au niveau du nez. En cas de ronflements, ces capteurs recevraient un signal provoquant des vibrations, afin d’inciter le ronfleur à changer de position. Au fur et à mesure des enregistrements du sommeil et de leurs analyses par l’algorithme, le masque deviendrait capable d’envoyer des vibrations aux bons moments.
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Une oreillette anti-ronflement : ce dispositif s’installe sur l’une de vos oreilles, comme son nom l’indique. En cas de ronflement, de douces vibrations sont diffusées dans l’oreillette, afin de vous inciter à changer de position et ainsi mettre fin aux ronflements sans vous réveiller. Cette oreillette fonctionne en Bluetooth, afin d’être associée à l’application dédiée sur votre smartphone. Cette application vous permet notamment de régler l’intensité des vibrations.
Applications
Chaque objet connecté est systématiquement associé à une application mobile dédiée. En fonction des applis, les fonctionnalités peuvent varier mais toutes proposent d’évaluer la quantité et la qualité de votre sommeil chaque nuit. En effet, l’ensemble de ces applications l’enregistre et vous permet le lendemain de vérifier comment vous avez dormi, notamment grâce à l’enregistrement de votre respiration et des bruits que vous avez émis durant la nuit. Chacune est ainsi découpée en différentes phases dans l’appli : sommeil léger, sommeil profond, ronflements légers, etc. sous forme de graphiques. Attention toutefois, une telle quantité de données a de quoi impressionner mais n’a aucune valeur de diagnostic médical.
Certaines applications vous permettent également d’intégrer de nombreuses informations sur votre santé et vos traitements en cours : consommation d’alcool, si vous fumez, si vous avez subi une chirurgie de la sphère ORL, si vous utilisez une gouttière ou un spray nasal, l’heure à laquelle vous avez dîné… Bien que cela permette à l’application de vous fournir des conseils, prenez le temps de la réflexion avant de partager des informations aussi intimes avec un outil numérique plutôt qu’avec un médecin.
Nouvelles technologies pour arrêter de ronfler : qu’en dit la science ?
D’abord un point de vigilance : la majorité des applications n’a fait l’objet d’aucune validation scientifique. Elles sont donc à utiliser avec prudence et ne remplacent pas un échange avec votre médecin traitant ou votre médecin ORL au sujet de votre sommeil et de vos ronflements. Avant de choisir une application ou un objet connecté, vous pouvez donc dans un premier temps vérifier si cet outil a été développé en collaboration avec un chercheur ou un professionnel de santé.
Concernant les applications les plus perfectionnées (et donc souvent les plus onéreuses), elles fournissent des informations proches de celle d’une polygraphie ventilatoire : un examen médical souvent prescrit en cas de suspicion d’un trouble du sommeil, notamment. Toutefois, une étude scientifique a vraiment comparé les résultats d’une application particulièrement aboutie et ceux de la polygraphie ventilatoire : l’application avait tendance à surestimer légèrement le temps total de ronflement. Des résultats finalement relativement proches qui valident l’utilisation de l’application concernée. Mais pour rappel, toutes ces applis ne se valent pas !
Concernant les objets connectés, si leur caractère innovant force l’admiration, aucun n’a encore été validé médicalement pour améliorer les ronflements. Aucun ne peut donc remplacer les traitements actuels.
Moralité, si vous souffrez de ronflements, les applications et objets connectés peuvent vous aider à y voir plus clair pour mieux comprendre vos nuits et vous sensibiliser à ce qui favorise le fait de ronfler. Néanmoins, ces outils (qui ont un coût non négligeable pour les plus aboutis) ne remplacent pas une consultation médicale ni les traitements disponibles, à mettre en place avec votre médecin.